Les images de la réalité spirituelle dans l’Apocalypse – Ap 1 et 2

Les quatre plus anciens commentaires suivis de l’Apocalypse sont ceux de:

  • Victorin de Poetovio 250-304 , probablement un grec d’origine qui a été évêque à Pettau (actuelle Ptuj en Slovénie), mort martyr dans la persécution de Dioclétien.
  • Tyconius, théologien d’origine grecque du IV siècle, mort vers 395, qui vécut en Afrique du Nord.
  • Césaire d’Arles, évêque de Arles (470-542)
  • André de Césarée, archevêque de Césarée de Cappadoce (563 – 637).

En plus de ces commentaires, de nombreuses citations et explications se trouvent dans le grand ouvrage de saint Iréné de Lyon (130-202) “Contre les hérésies”. Cet évêque de langue grecque était originaire de Smyrne, ville proche de Ephèse où avait résidé l’apôtre saint Jean. Iréné avait été un disciple de Polycarpe qui avait reçu l’enseignement chrétien directement de l’apôtre Jean.

Aussi saint Augustin (354-530), dans son ouvrage appelé “La cité de Dieu”, au Livre 20, commente longuement le chapitre 20 de l’Apocalypse. (Voir les articles: Augustin sur la résurrection et Augustin sur la victoire de l’Eglise contre le diable.)

Dans cet article, je donnerai un résumé de l’interprétation donnée par les quatre commentateurs de certaines  images décrites par l’évangéliste saint Jean. Victorinus, Tyconius, André et Césaire nous parlent de la réalité spirituelle figurée dans la vision de l’apôtre. Pour en dévoiler le sens ils se basent sur de nombreux passages de l’Ecriture où figurent ces mêmes images. Leur interprétation est assez univoque, je signalerai les éventuelles différences, autrement je résumerai le sens qui est commun aux quatre.

Dans les versets de l’Apocalypse cités ci-dessous, vous verrez des images qui figurent, représentent, donnent corps, à des réalités spirituelles. Voici la liste des images interprétées :

  • Sept chandeliers
  • Le fils d’homme
  • Tunique
  • Ceinture d’or
  • Seins
  • Cheveux blancs comme laine et neige
  • Yeux comme flamme ardente, le feu
  • Pieds de bronze
  • Voix comme l’eau
  • Sept étoiles
  • Bouche avec épée à deux tranchants
  • Visage comme le soleil
  • L’arbre de la vie
  • La couronne de la vie
  • La manne cachée
  • Le caillou blanc
  • Les vêtements blancs
  • L’étoile du matin
  • La colonne du temple
  • Le trône

Apocalypse 1, 12-13:

Je me retournai pour regarder quelle était cette voix qui me parlait. M’étant retourné, j’ai vu sept chandeliers d’or, et au milieu des chandeliers un être qui semblait un Fils d’homme, revêtu d’une tunique jusqu’aux pieds et ceint près des seins  d’une ceinture en or;

Les sept chandeliers :
A la fin du chapitre 1, le texte de l’Apocalypse lui-même explique que les sept chandeliers sont les sept églises et dans ces sept c’est toute l’Eglise qui est représentée.
Voir l’article Les 7 lettres aux 7 églises.

Le Fils d’homme :
Celui qui est semblable à un fils d’homme c’est le Christ, il est dit “semblable à un fils d’homme” puisque étant monté aux cieux, il est plus semblable à un fils de Dieu. Pour Tyconius et Césaire, le fils d’homme est la figure du Christ qui est la tête uni à son corps qui est l’Eglise.

La tunique :
Le Christ, qui est comme un fils d’homme car il est en même temps vrai Dieu et vrai homme, est revêtu d’une tunique jusqu’aux pieds, cela signifie que tous les membres de son corps participent de sa dignité sacerdotale, mais chacun selon son rôle dans le corps : les prêtres en exerçant un sacerdoce ministériel, en administrant les sacrements, et les fidèles en intercédant pour leur hommes dans leur prières et en pardonnant à ceux qui les ont offensés, répandant la miséricorde du Christ sur la terre.
Dans la liturgie du baptême, en effet, le prêtre annonce ceci aux nouveaux baptisés : « Désormais, vous faites partie du peuple de Dieu, vous êtes membres du corps du Christ et vous participez à sa dignité de prêtre, prophète et roi. » Ainsi, comme le Christ, le baptisé devient aussi prophète, c’est-à-dire qu’il annonce la parole de Dieu, l’évangile au monde et participe aussi de la dignité du roi qui domine et exerce la victoire sur le mal et sur la mort.
C’est sur le mont Thabor que les apôtres ont contemplé la gloire du Christ ressuscité: “Il fut transfiguré devant eux ; son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements, blancs comme la lumière.” (Matthieu 17, 2)

C’est dans l’article Les 7 lettres aux 7 églises que le chemin spirituel du baptisé et les dons qui lui sont conférés sont expliqués avec plus de détails. En effet, aux chapitres 2 et 3 de l’Apocalypse, l’apôtre saint Jean va adresser 7 lettres à 7 églises dans lesquelles est expliqué le chemin et le combat spirituel qui a lieu dans l’Eglise, dans le peuple des baptisés. Il explique ainsi en détail comment le baptisé remplis de l’Esprit Saint partage la victoire du Christ sur le mal, grâce aux  dons de l’Esprit Saint qui le rendent vainqueur.

La ceinture d’or :
La ceinture d’or représente le choeur des saints, éprouvés par le feu comme l’or.

Les seins :
Les seins sont les deux Testaments qui annoncent la parole et la volonté de Dieu de nous sauver. Il est spécifié que la ceinture ceint les deux seins car ils transmettent à l’Eglise une conscience purifiée et le sens spirituel pur. Les saints se nourrissent des deux Testaments comme à deux mamelons, se vouant constamment à la lecture et à la prière.

Ap 1, 14

sa tête et ses cheveux étaient blancs comme la laine blanche, comme la neige, et ses yeux comme une flamme de feu ;

Les cheveux blancs comme laine et neige :
La tête du corps c’est le Christ, les cheveux de laine blanche ce sont les baptisés qui sont comme des brebis. La neige descend du ciel comme la grâce baptismale et comme la Jérusalem céleste et elle est unie au Christ comme à la tête. La bête, par contre, monte de l’abîme, c’est le peuple mauvais.

Les yeux comme flamme ardente, le feu :
Les yeux de flammes ce sont les préceptes divins qui éclairent les croyants et brûlent les incrédules. Psaume 118, 105: “Ta parole est une lampe pour mes pieds” et Psaume 118, 140: “Ta parole est un feu”.

Voir l’article : Le feu

Ap 1, 15

ses pieds semblaient d’un bronze précieux affiné au creuset, et sa voix était comme la voix des beaucoup d’eaux ;

Les pieds de bronze affiné au creuset :
Ephésiens 6, 14-17 : ” Oui, tenez bon, ayant autour des reins le ceinturon de la vérité, portant la cuirasse de la justice, les pieds chaussés de l’ardeur à annoncer l’Évangile de la paix, et ne quittant jamais le bouclier de la foi, qui vous permettra d’éteindre toutes les flèches enflammées du Mauvais. Prenez le casque du salut et le glaive de l’Esprit, c’est-à-dire la parole de Dieu.”

Romains 10, 15: ” Comment proclamer sans être envoyé ? Il est écrit (Isaïe 52, 7) : Comme ils sont beaux, les pas des messagers qui annoncent les bonnes nouvelles!”

“Ses pieds étaient semblables à du bronze embrasé dans la fournaise ardente” (Ap 1, 15). Par les pieds on entend l’Eglise qui doit être éprouvée par les persécutions et jugée par le feu. Les pieds du Christ ce sont les apôtres qui portent le message au monde: “Qu’ils sont beaux les pieds de ceux qui annoncent la paix, qui annoncent le bonheur” (Isaïe 52, 7).

La voix comme l’eau :
La voix comme l’eau c’est l’Eglise qui prêche par la grâce de l’Esprit Saint reçu au baptême.

Voir l’article : L’eau

Ap 1, 16

Il avait dans la main droite sept étoiles ; de sa bouche sortait une épée aiguisée à deux tranchants. Son visage brillait comme brille le soleil dans sa puissance.

Les sept étoiles :
Les étoiles dans la main droite d’après Césaire d’Arles, c’est l’Eglise spirituelle, celle dont parle l’Evangile : « Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : “Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde. » (Matthieu 25, 34). Par les sept églises, on entend une seule Église qui reçoit la grâce des sept dons de l’unique Esprit.  Le fils de l’homme qui est au milieu des sept chandeliers, c’est le Christ au milieu de l’Eglise.

L’épée à double tranchant :
L’épée à double tranchant qui sort de la bouche c’est la parole de Dieu dans les deux Testaments. Matthieu 10, 34: “Je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive” et Hébreux 4, 12: “Car la parole de Dieu est vivante et efficace, plus tranchante qu’une épée à deux tranchants”.

Le visage comme le soleil :
Tyconius remarque que l’ordre dans lequel sont décrits les membres est surprenant: d’abord les pieds, puis la bouche comme une épée, puis le visage. Cela indique que l’apparition de l’Eglise dans la gloire viendra après que la parole ait été apportée dans le monde, après les flammes du dernier combat. De cette gloire il est dit en effet: « Alors les justes resplendiront comme le soleil dans le royaume de leur Père » (Matthieu 13, 43). Le corps de celui qui est comme un fils d’homme, c’est celui du Christ uni à son Église, comme la tête est unie à ses membres, ainsi que l’affirme saint Paul dans la lettre aux Colossiens 1, 18: « Il est aussi la tête du corps, la tête de l’Église. »

Ap 1, 17-20:

Quand je le vis, je tombai à ses pieds comme mort, mais il posa sur moi sa main droite, en disant : « Ne crains pas. Moi, je suis le Premier et le Dernier, le Vivant : j’étais mort, et me voilà vivant pour les siècles des siècles ; je détiens les clés de la mort et du séjour des morts. Écris donc ce que tu as vu, ce qui est, ce qui va ensuite advenir. Quant au mystère des sept étoiles que tu as vues sur ma main droite, et celui des sept chandeliers d’or : les sept étoiles sont les anges des sept Églises, et les sept chandeliers sont les sept Églises. »

Ici se termine le premier chapitre auquel suivent sept lettres adressées à sept églises.

Victorin explique que les sept églises représentent toutes les églises et par là l’Eglise toute entière. Paul aussi s’adresse à sept églises, mais c’est l’unique Église qui en reçoit le message. En effet, la première lettre s’adresse à l’Eglise d’Ephèse, mais à la fin il est dit: « Celui qui a des oreilles, qu’il entende ce que l’Esprit dit aux Églises », pour indiquer que le message adressé à l’une est valable pour toutes.

Ainsi, à la fin de chaque lettre, est présenté le don de l’Esprit que reçoit le vainqueur, c’est-à-dire le baptisé qui partage la victoire du Christ sur le mal. En effet, le baptême célèbre l’entrée dans la vie éternelle, le baptisé est déjà ressuscité, il a déjà reçu le don qui lui permettra de faire face aux épreuves de cette vie.

Voici les sept don qui sont offerts au vainqueur, au baptisé. Ces dons sont expliqués plus longuement dans l’article Les 7 lettres aux 7 églises.

Ap 2, 7 :

« Au vainqueur, je donnerai de goûter à l’arbre de la vie qui est dans le Paradis de Dieu. »

L’arbre de la vie :
Au dernier chapitre de l’Apocalypse (Ap 22, 2), il est encore question de l’arbre de la vie: “Au milieu de la place de la ville, entre les deux bras du fleuve, il y a l’arbre de la vie qui donne des fruits douze fois : chaque mois il produit son fruit ; et les feuilles de cet arbre sont un remède pour les nations.” Tyconius rappelle que l’arbre de la vie est la croix du Christ qui porte du fruit en tout temps, grâce à l’enseignement des douze apôtres.

Voir l’article L’arbre de la vie
Voir le premier don dans l’article Les 7 lettres aux 7 églises.

Le Paradis :

Tyconius, Commentaire de l’Apocalypse, Introduction, traduction et notes par Roger Gryson, Brépols, 2011, p.74-76, n.17 :

“Que celui qui a des oreilles entende ce que I’Esprit dit aux Églises: au vainqueur je donnerai à manger de I’arbre de la vie ” (Ap 2, 7), c’est-à-dire du fruit de la croix, “qui est dans le paradis de mon Dieu” (Ap 2, 7). Le paradis, c’est l’Église, car tous les événements du passé la préfigurent (1 Corinthiens 10, 6). Le premier homme, Adam (1 Cor 15, 45), est I’ombre de ce qui est à venir (Rm 5, 14 et Col 2, 17); le second Adam, le Christ, est le soleil de justice (Mal 4, 2), qui illumine les ombres de notre aveuglement. Le premier Adam, comme le dit I’apôtre, “tiré de la terre, est terrestre ; le second Adam, venu du ciel, est céleste. Tel le terrestre, tels sont aussi les terrestres, et tel le céleste, tels sont aussi les célestes” (1 Cor 15, 47). Actuellement, dans l’Église, se trouvent les deux Adam, le terrestre et le céleste, car Adam est bipartite : il y a I’ancien et le nouveau. L’ancien, c’est celui qui n’a pas accès à l’arbre de la vie, car il n’a pas voulu se dépouiller du vieil homme (Ep 4, 22); le nouveau, c’est celui qui est uni au Christ vainqueur et qui a droit à I’arbre de la  vie (Ap 22, 14).

Voir l’article Genèse 3, 1-24 La faute

Ap 2, 10 :

Sois fidèle jusqu’à la mort, et je te donnerai la couronne de la vie.

La couronne de la vie :
Voir le deuxième don dans l’article Les 7 lettres aux 7 églises

Ap 2, 17 :

Au vainqueur je donnerai de la manne cachée, je lui donnerai un caillou blanc, et, inscrit sur ce caillou, un nom nouveau que nul ne sait, sauf celui qui le reçoit.

La manne cachée :

Tyconius, Commentaire de l’Apocalypse, Introduction, traduction et notes par Roger Gryson, Brépols, 2011, p.80, n.25 :

« Celui qui a des oreilles, qu’il entende ce que l’Esprit dit aux Églises : au vainqueur, je donnerai à manger de la manne cachée », c’est-à-dire le pain qui est descendu du ciel, dont la manne, dans le désert, était la figure.

Jésus lui-même explique aux apôtres ce qui était caché depuis le fondement du monde, ce que les images de l’Ancien Testament figuraient : “Tout cela, Jésus le dit aux foules en paraboles, et il ne leur disait rien sans parabole, accomplissant ainsi la parole du prophète : J’ouvrirai la bouche pour des paraboles, je publierai ce qui fut caché depuis la fondation du monde” (Matthieu 13, 34-35). Et, au sujet de la manne, il explique ce que cela figurait:

Au désert, nos pères ont mangé la manne ; comme dit l’Écriture : Il leur a donné à manger le pain venu du ciel. » Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : ce n’est pas Moïse qui vous a donné le pain venu du ciel ; c’est mon Père qui vous donne le vrai pain venu du ciel. Car le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde. » Ils lui dirent alors : « Seigneur, donne-nous toujours de ce pain-là. » Jésus leur répondit : « Moi, je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ; celui qui croit en moi n’aura jamais soif. (Jean 6, 31-35)

Moi, je suis le pain de la vie. Au désert, vos pères ont mangé la manne, et ils sont morts ; mais le pain qui descend du ciel est tel que celui qui en mange ne mourra pas. Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour la vie du monde. (Jean 6, 48-51)

Voici le don qui est offert au baptisé, se nourrir de l’eucharistie, communier au corps et au sang du Chris, être fortifié par cette nourriture spirituelle et partager ainsi sa victoire sur le mal et sur la mort.

Le caillou blanc :

Tyconius, Commentaire de l’Apocalypse, Introduction, traduction et notes par Roger Gryson, Brépols, 2011, p.81, n.26 :

« Et je lui donnerai un caillou blanc », c’est-à-dire un corps revêtu de blanc par le baptême, « et sur ce caillou, un nom nouveau est écrit », c’est-à-dire le mystère du fils d’homme, « que nul ne connaît, sinon celui qui le reçoit » (Ap 2, 17). Bien que les hypocrites, en apparence, le possèdent, il ne leur est pas donné de le comprendre, ainsi qu’il est écrit : “À vous, il est donné de connaître le mystère du royaume, mais à eux, cela n’est pas donné” (Mt 13, 11). C’est pourquoi Jean dit : “Celui qui dit ‘je le connais’ et qui ne garde pas ses commandements, est un menteur, et la vérité n’est pas en lui, et encore : “Celui qui dit qu’il est dans la lumière et qui haït son frère, est encore toujours dans les ténèbres?” (1 Jn 2, 4.9). De fait, si les hypocrites avaient connu le mystère de Dieu, ils n’auraient jamais tué Dieu au sein de sa famille.

L’Apocalypse expliquée par Césaire d’Arles, Les Pères dans la foi, DDB, 1989, Paris, Scholie 14 attribuée à Origène, p.177-178 :

Pour le nom nouveau inscrit sur le caillou”, la parole exprime des réalités spirituelles : nous devons donc nous détacher de toute évidence matérielle à propos de ce caillou. Sur le caillou spirituel, que son éclat fait paraître blanc, est écrit, conforme au Nouveau Testament, un nouveau nom, révélant la qualité de celui qui l’a reçu et le connaît. Tout progrès confère un nom adapté à la qualité qu’il confère : les premiers noms passent donc sans cesse, mais celui de l’homme parfait, qui est écrit le dernier, n’est suivi d’aucun autre : il est toujours nouveau à l’instar du Nouveau Testament qui est définitif. Et puisque ce nom révèle « le secret du cœur de l’homme intérieur » (1 Pierre 3, 4), nul ne le connaît sinon celui-là seul qui le reçoit, conformément à la Parole : « Qui donc connaît ce qu’il y a dans l’homme ? » (1 Co 2, 11).

Pour plus de détails sur la signification de la manne cachée et du caillou blanc, voir le troisième don dans l’article Les 7 lettres aux 7 églises.

Apocalypse 2, 28

Il sera comme moi qui ai reçu autorité de mon Père, et je lui donnerai l’étoile du matin.

L’étoile du matin:
Césaire d’Arles: c’est la première résurrection qui s’obtient par la grâce du baptême. L’étoile du matin met en fuite la nuit et annonce la lumière, c’est-à-dire enlève les péchés et accorde la grâce si cependant les œuvres suivent la grâce reçue. Car ce n’est point chose importante pour l’arbre de vivre sans donner du fruit; de même, il ne sert à rien de se dire chrétien et de ne pas avoir les œuvres des chrétiens. Et c’est pourquoi il dit: « Je te conseille de m’acheter de l’or fondu », c’est-à-dire efforce-toi de souffrir quelque chose pour le nom du Seigneur. « Et frotte-toi les yeux d’un collyre », afin que ce que tu es content de connaître par les Écritures tu l’accomplissent par tes œuvres.

Tyconius dit aussi au sujet de l’étoile du matin que celui qui revêt le Christ devient ce qu’est le Christ, car c’est le Christ qui en premier annonce la victoire de la lumière sur les ténèbres. Aussi Victorin rappelle que l’étoile du matin met la nuit en fuite et annonce la lumière, le début du jour. Cela annonce donc aussi la première résurrection obtenue par le baptême, c’est au baptême aussi qu’on revêt un habit blanc, c’est-à-dire on revêt le Christ. En effet, la Christ habite dans le baptisé qui est appelé aussi Christ, ceci est le nom nouveau qu’il reçoit.

Pour plus de détails sur la signification de l’étoile du matin, voir le quatrième don dans l’article Les 7 lettres aux 7 églises.

Ap 3, 5 :

Ainsi, le vainqueur portera des vêtements blancs ; jamais je n’effacerai son nom du livre de la vie ; son nom, je le proclamerai devant mon Père et devant ses anges. »

Les vêtements blancs :
Voir le cinquième don dans l’article Les 7 lettres aux 7 églises.

Ap 3, 12 :

Du vainqueur, je ferai une colonne dans le temple de mon Dieu ;

La colonne du temple de Dieu :
Voir le sixième don dans l’article Les 7 lettres aux 7 églises.

L’Apocalypse expliquée par Césaire d’Arles, Les Pères dans la foi, DDB, 1989, Paris, Scholie 21 attribuée à Origène, p.181-182 :

« Le vainqueur, je le ferai colonne dans le temple de mon Dieu, il n’en sortira plus jamais et je graverai sur lui le nom de mon Dieu et le nom de la Cité de mon Dieu, la nouvelle Jérusalem qui descend du ciel, de chez
mon Dieu, et le nom nouveau que je porte » (Ap 3, 12).
Nous découvrons que tous ceux qui peuvent soutenir les commencements de l’Eglise reçoivent le nom de colonnes. Par exemple, Paul a déclaré que Jacques, Céphas et Jean étaient des colonnes (Ga 2, 9). Et Dieu a dit, à propos de tels hommes : « J’ai fixé, moi, les colonnes de la terre » (Ps 75, 4), et : « Ils s’élèvent sur les ailes de la piété et de la vertu. » Et à propos de ceux qui portent désormais l’image du Céleste (cf. 1 Co 15, 49), l’Ecriture dit : « Les colonnes du ciel ont été élevées » (Jb 26, 11). Chaque colonne ainsi dressée dans le temple de Dieu est d’une solidité inébranlable (cf. 1 Co 15, 58), enracinée et fondée dans la charité (cf. Ep 3, 17) : elle ne peut donc jamais se trouver au-dehors, là où s’est trouvé Caïn, lorsqu’il s’est éloigné du visage de Dieu (cf. Gn 4, 16). Au contraire, l’homme qui s’approche du Sauveur par ses actions vertueuses n’est pas jeté au-dehors (cf. Jn 6, 37). Sur une telle colonne [le Sauveur] écrit le Nom et grave les pensées de son Père, mais aussi le Nom de la Cité du Dieu vivant, la Jérusalem céleste (He 12, 22), « descendue du ciel, d’auprès de Dieu ». C’est « l’Eglise du Dieu vivant » (1 Tm 3, 15).

Ap 3, 21 :

Le vainqueur, je lui donnerai de siéger avec moi sur mon Trône, comme moi-même, après ma victoire, j’ai siégé avec mon Père sur son Trône.

Le trône :
Voir le septième don dans l’article Les 7 lettres aux 7 églises.

Ap 5, 8 :

Quand l’Agneau eut pris le Livre, les quatre Vivants et les vingt-quatre Anciens se jetèrent à ses pieds. Ils tenaient chacun une cithare et des coupes d’or pleines de parfums qui sont les prières des saints.

Les parfums :

L’Apocalypse expliquée par Césaire d’Arles, Les Pères dans la foi, DDB, 1989, Paris, Scholie 30 attribuée à Origène, p.189-190 :

Il est dit dans l’Ecriture : “Que ma prière s’élève tout droit comme un parfum devant ta face” (Ps I41,2). Les coupes pleines de ces parfums sont les facultés qui dirigent l’esprit de ceux qui prient sincèrement le Christ. On peut dire aussi que les cithares sont la force, aux accords d’une harmonie merveilleuse, qui leur fait connaître et aimer le Christ. […]
Nous qui lisons ce récit et savons que les parfums sont les prières des saints et les sacrifices spirituels, que Dieu accueille bien les bonnes actions, nous voyons que depuis la venue du Christ, “en tout lieu, des parfums et une offrande pure sont présentés au nom du Seigneur; car son nom est grand dans les nations” (Malachie 1, 11), grâce à l’enseignement du Christ, comme le dit le Prophète.

Ap 19, 7-8 :

Soyons dans la joie, exultons, et rendons gloire à Dieu ! Car elles sont venues, les Noces de l’Agneau, et pour lui son épouse a revêtu sa parure. Et il lui a été donné de s’habiller de bysse splendide et pur. » Car ce qui est de bysse, ce sont les actions justes des saints.

Le bysse :

Le bysse est un filament très fin, soyeux, secrété par certains gros coquillages. On dit que les habitants de Malte et des côtes du sud de l’Italie tissaient encore jusqu’au 18ème siècle certains accessoires en bysse. Il représente dans la Bible ce qu’on peut revêtir de plus luxueux, car généralement c’était de petits accessoires qui étaient tissé en bysse, trop coûteux pour en faire un habit entier. Ce vêtement très précieux et resplendissant devient ainsi l’image de la beauté des oeuvres de justice accomplies par les saints. L’Epouse qui représente l’Eglise en est revêtue, ainsi que les armées célestes (Ap 19, 14).

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  1. L’eau – Bible
  2. Le feu – Bible
  3. L’arbre de la vie – Bible

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