La relation filiale

La relation filiale, la gratuité du don de Dieu

Un don nous a été offert et nous ne l’accueillons pas, nous pensons posséder seulement ce que nous avons acheté par nous-mêmes. La vie est un don infini et éternel, d’une abondance sans limites, mais nous ne savons pas le voir, nous ne faisons pas confiance. Si nous étions tous au service les uns des autres, comme les membres d’un même corps, il n’y aurait pas de limites à notre bonheur, rien ne nous manquerait et chacun aiderait l’autre par ses talents propres. La vie de chacun serait un trésor pour l’autre, source de joie, d’amitié, de service mutuel, où la faiblesse de l’un est compensée par le don de l’autre et cela dans la réciprocité et la complémentarité.

Ainsi, les pères de l’Eglise, comme saint Ambroise, nous disent que la source de la vie, celle du paradis terrestre qui arrose toute la terre, est dans l’âme de chacun de nous, que nous pouvons nous y abreuver en chacun, que nous pouvons en chacun accueillir une source de joie, d’amitié, de vie et cela sans limites (voir Genèse 2, 8-25 Eden). Tout a été offert à la nature humaine, l’abondance de la vie divine immortelle, mais l’être humain s’en est détourné. C’est l’histoire d’Adam et Eve qui nous dit l’origine de ce qui sépare l’être humain du bonheur. Ce bonheur vient de la relation d’amour qui nous unit les uns aux autres et cette relation commence dans le lien qui nous unit à Dieu. C’est là qu’il faut faire confiance que le don de la vie est un don gratuit, il faut vivre cette relation filiale dans la pleine confiance, l’abandon: se laisser combler comme le petit enfant auquel les parents veulent tout donner. C’est le soupçon sur la gratuité du don, sur la bienveillance divine qui coupe Adam et Eve, le genre humain de la relation bienheureuse avec Dieu, avec la vie, avec leur prochain et qui les sépare l’un de l’autre. Jésus nous manifeste l’attitude de Dieu envers l’humanité: « Voici pourquoi le Père m’aime : parce que je donne ma vie, pour la recevoir de nouveau. Nul ne peut me l’enlever : je la donne de moi-même. J’ai le pouvoir de la donner, j’ai aussi le pouvoir de la recevoir de nouveau : voilà le commandement que j’ai reçu de mon Père » (Jean 10, 17-18). Dieu nous a tout donné, sa propre vie, nous avons tout reçu, mais nous voudrions posséder en propre, par nos propres mérites, par nous mêmes, sans dépendre de personne. Si telle était l’attitude de l’enfant, il se priverait du trésor d’amour que les parents lui offrent, au lieu de recevoir dans la gratuité et la confiance, au lieu de vivre pleinement le lien d’amour filial, il chercherait à s’approprier par lui-même de ce que les parents lui offrent dans la joie. Il volerait ce qui lui est offert. La relation de confiance serait cassée et si le regard que nous portons sur l’autre et sur ses propres parents est le regard de celui qui veut s’approprier de leur bien, ce regard ne peut être que caché, honteux, c’est l’attitude du voleur. Le récit d’Adam et Eve nous dit qu’après avoir douté de l’amour gratuit de Dieu et s’être appropriés du fruit de l’arbre de la vie par eux-même, au lieu de le recevoir de Dieu, ils se sont cachés, ils avaient honte et se sentaient nus. Ils ne pouvaient même plus se regarder l’un l’autre. L’arbre de la vie était devenu arbre de la connaissance du bien et du mal, ils ont fait l’expérience du mal, le regard qu’ils portaient l’un sur l’autre cachait leur désir d’appropriation, ce n’était plus l’échange gratuit qui nous comble de joie lorsque nous accueillons dans la confiance la vie qui nous est offerte, dans la beauté et l’amour. C’est là que l’être humain peine à faire vraiment confiance à l’autre: « est-ce qu’il m’aime vraiment, ou bien est-il intéressé? son amour est sincère ou bien il attend quelque chose en retour? » Voici ce que l’être humain se dit, si l’enfant devait en faire autant, si ce soupçon portait sur ses propres parents, où trouverait-il encore le bonheur? Adam et Eve essaient de cacher leur honte avec des feuilles de figuier, mais ils n’y parviennent passer voici que Dieu miséricordieux vient à leur secours, il leur coud des habits de peau et les ramène l’un vers l’autre. Voici l’oeuvre de Dieu, nous conduire vers la confiance. « Voulez-vous entrer dans la vie éternelle? » nous dit Jésus, entrer à nouveau dans la Paradis? rien de plus facile: « Soyez comme un petit enfant », retrouvez la confiance filiale. Retrouvez ce Paradis où l’un se donne entièrement à l’autre et où ne formons plus qu’un, comme les membres d’un même corps qui sont tout et chacun au service de l’autre, entièrement donnés. (voir Genèse 3, 1-24 La faute)

Voici donc l’attitude de l’âme humaine envers le don gratuit et ce que le soupçon engendre. Les conséquences de ces actes sont représentées dans le symbole des fils qu’Adam et Eve vont engendrer: c’est l’histoire de Caïn et Abel. Dans l’histoire de ces deux frères se reflète la condition humaine. Nous aussi nous sommes tous frères car recevons la vie de la même source, pourtant ce lien fraternel qui devrait être source de joie, qui devrait être un soutien, dans la mesure où nous pouvons compter les uns sur les autres, se transforme en rivalité et jalousie. C’est la division. Dans cette histoire, nous enseigne saint Ambroise, nous voyons les tendances de l’âme humaine qui sont en chacun, chacun de nous est tantôt Caïn, tantôt Abel (voir Genèse 4, 1-8 Caïn et Abel).

L’image de Caïn est celle de l’homme qui s’approprie du don de Dieu pour lui-même et Abel est l’image de celui qui accueille tout ce qui existe comme provenant de cette source infinie de vie qui est en Dieu. L’image de la source de vie, de ce qui nous vivifie nous la percevons dans l’infinie miséricorde du Christ sur la croix, il accueille tous les hommes et en les accueillant malgré leur fautes contre lui, il les réconcilie entre eux, il les reconduit les uns vers les autres afin qu’ils puissent vraiment goûter à cette source de vie, que nous trouvons dans la joie de l’amitié et de l’amour réciproque. C’est de cette source que l’homme s’est coupé, de l’expérience heureuse de la vie fraternelle, dans laquelle nous nous complétons, nous partageons et nous faisons l’expérience du bonheur de Dieu lorsqu’il offre sa vie au genre humain.

Ainsi Caïn, après avoir tué son frère, répond à Dieu qui lui demande où est son frère : « Je ne sais pas. Est-ce que je suis, moi, le gardien de mon frère ? »
Il a perdu le lien fraternel, la source de toute joie. La vie, l’esprit, est dans le lien qui nous unit les uns aux autres et qui nous permet d’éprouver de la joie pour celui qui est dans la joie et d’avoir de la peine pour celui qui est affligé.

Celui qui a goûté à cette source de joie, une source abondante en vie éternelle viendra jaillir en lui et il pourra en abreuver ses frères (voir Jean 4, 1-42 La source d’eau vive). Lorsqu’on a fait l’expérience de la joie d’aimer, tout devient une opportunité pour multiplier cette expérience en accueillant toujours plus nombreux notre prochain. C’est l’expérience de Marie de Magdala assise près de Jésus à l’écouter, elle qui mettra tout son amour dans le geste où elle verse un précieux parfum sur les pieds de Jésus, elle donne tout ce qu’elle a pour honorer celui qui nous ouvre le chemin vers la source de vie, vers la réconciliation, en offrant sa vie pour la multitude. Pour que dans son pardon nous trouvions la force et la joie de pardonner aussi à ceux qui nous ont offensé. (voir Marc 14, 1-11 Le parfum versé sur Jésus)

« Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. » Voici l’expérience de ceux qui ont goûté à la source de vie, de joie lorsque nous donnons sans compter, en pleine gratuité, car c’est Dieu qui nous a aimés en premier, d’un amour qui veut tout donner: c’est l’amour du père qui dit au fils: « tout ce qui est à moi est à toi ». Entrer dans la relation filiale avec Dieu signifie tout recevoir comme un don. Le don du père qui ne regarde pas les mérites du fils, mais lui offre tout. Ainsi, par des paraboles, Jésus nous invite à quitter notre logique marchande, celle du serviteur qui a mérité son salaire, et à rentrer dans celle du fils qui a déjà reçu d’avance tout ce qui appartient au père. (voir Luc 15, 11-32 Le fils prodigue)

L’amour qui nous est offert ne peut pas s’acheter, quoi que nos mérites puissent valoir, cela sera toujours dérisoire par rapport à l’amour qui nous est offert: Dieu nous a tout donné, l’immensité de son esprit, de sa béatitude éternelle. Si l’amour pouvait s’acheter, serait-il encore de l’amour? de cette considération proviennent plusieurs paraboles de l’évangile où il est question de mauvais serviteurs. Jésus essaie de nous faire comprendre que si nous pensons acheter l’amour du Père, l’amour de Dieu, alors nous prêtons à Dieu des traits mesquins, nous en faisons un avare, un père calculateur, comme si une mère attendait que son enfant la paie pour l’allaiter ou des parents d’être rémunérés pour la nourriture qu’ils lui donnent. Ou bien des parents qui attendraient de voir si leur enfant est méritant avant de le reconnaître et de l’appeler fils. Jésus nous dit alors que Dieu n’a pas besoin de serviteurs, ce n’est pas en vue d’un bénéfice qu’il peut tirer de nous, qu’il nous a appelés à la vie, qu’il nous a appelés à partager avec lui son bonheur. Ce bonheur est dans le don, le geste confiant et réciproque qui unit un père et un fils, l’échange profonde et gratifiante entre une mère et l’enfant qu’elle porte en elle.

Ceux qui réclament leurs droits devant un Dieu qui profite de ses serviteurs, n’ont pas accès à leur récompense, ils seront déçus et malheureux, car ils jugeront leur salaire insuffisant. Ceux qui n’ont pas de mérites à faire valoir, ils se voient comblés au-delà de toute attente. Ce que nous pensons, imaginons pouvoir exiger de Dieu ne sera qu’à notre propre mesure humaine, c’est-à-dire bien peu de choses par rapport au don que Dieu nous offre en partageant avec nous sa vie elle-même: ce don, venant de l’initiative divine, nous n’avons pas pu le scruter, l’imaginer à l’avance, cela dépasse l’entendement humain. C’est le souffle divin lui-même qui nous redonne vie et nous recrée à son image et ressemblance, nous donnant accès à une relation intime et profonde avec Dieu: la relation même qui unit le fils unique à son père. Alors, ils ne nous appelle pas serviteurs, mais amis, enfants bien-aimés du Père. (voir Nous sommes les enfants de Dieu, non pas ses serviteurs)

C’est alors que nous entrons dans le royaume des cieux, la vie bienheureuse dans laquelle l’esprit d’amour filial nous unit à Dieu faisant de nous un peuple de frères, les membres d’un même corps. C’est alors que nous entrons dans le repos de Dieu (voir Le Sabbat, le repos de Dieu).

 

 

FIN TEST

 

 

Analysons maintenant les textes de la Bible qui sont contemplés dans la réflexion ci-dessus:

Genèse 2, 2-10

וַיְכֻלּ֛וּ הַשָּׁמַ֥יִם וְהָאָ֖רֶץ וְכָל־צְבָאָֽם׃
Et les cieux et la terre furent complétés et toute leur armée.

D’après plusieurs Pères de l’Eglise (XXC), il est question ici de l’armée céleste des anges

וַיְכַ֤ל אֱלֹהִים֙ בַּיֹּ֣ום הַשְּׁבִיעִ֔י מְלַאכְתֹּ֖ו אֲשֶׁ֣ר עָשָׂ֑ה וַיִּשְׁבֹּת֙ בַּיֹּ֣ום הַשְּׁבִיעִ֔י מִכָּל־מְלַאכְתֹּ֖ו אֲשֶׁ֥ר עָשָֽׂה׃
Et Dieu compléta, le septième jour, l’oeuvre qu’il avait fait et arrêta, le septième jour, toute l’oeuvre qu’il avait faite.

וַיְבָ֤רֶךְ אֱלֹהִים֙ אֶת־יֹ֣ום הַשְּׁבִיעִ֔י וַיְקַדֵּ֖שׁ אֹתֹ֑ו כִּ֣י בֹ֤ו שָׁבַת֙ מִכָּל־מְלַאכְתֹּ֔ו אֲשֶׁר־בָּרָ֥א אֱלֹהִ֖ים לַעֲשֹֽׂות׃
Et Dieu bénit le septième jour et le déclara saint puisque en ce jour il arrêta de faire l’œuvre dans laquelle Dieu créa.

אֵ֣לֶּה תֹולְדֹ֧ות הַשָּׁמַ֛יִם וְהָאָ֖רֶץ בְּהִבָּֽרְאָ֑ם בְּיֹ֗ום עֲשֹׂ֛ות יְהוָ֥ה אֱלֹהִ֖ים אֶ֥רֶץ וְשָׁמָֽיִם׃
Ceux-ci sont les engendrements des cieux et de la terre dans leur être créés le jour où le Seigneur Dieu fit la terre et les cieux.

וְכֹ֣ל ׀ שִׂ֣יחַ הַשָּׂדֶ֗ה טֶ֚רֶם יִֽהְיֶ֣ה בָאָ֔רֶץ וְכָל־עֵ֥שֶׂב הַשָּׂדֶ֖ה טֶ֣רֶם יִצְמָ֑ח כִּי֩ לֹ֨א הִמְטִ֜יר יְהוָ֤ה אֱלֹהִים֙ עַל־הָאָ֔רֶץ וְאָדָ֣ם אַ֔יִן לַֽעֲבֹ֖ד אֶת־הָֽאֲדָמָֽה׃
Et il n’y avait encore aucune plante des champs sur la terre et aucune herbe des champs n’avait poussé puisque le Seigneur Dieu n’avait pas encore fait pleuvoir sur la terre et il n’y avait pas d’homme pour travailler le sol.

וְאֵ֖ד יַֽעֲלֶ֣ה מִן־הָאָ֑רֶץ וְהִשְׁקָ֖ה אֶֽת־כָּל־פְּנֵֽי־הָֽאֲדָמָֽה׃
et une source montait de la terre et irriguait toute la surface du sol.

וַיִּיצֶר֩ יְהוָ֨ה אֱלֹהִ֜ים אֶת־הָֽאָדָ֗ם עָפָר֙ מִן־הָ֣אֲדָמָ֔ה וַיִּפַּ֥ח בְּאַפָּ֖יו נִשְׁמַ֣ת חַיִּ֑ים וַֽיְהִ֥י הָֽאָדָ֖ם לְנֶ֥פֶשׁ חַיָּֽה׃
Alors le Seigneur Dieu modela l’homme poussière du sol; il insuffla dans ses narines un souffle de vie, et l’homme devint une âme vivante.

וַיִּטַּ֞ע יְהוָ֧ה אֱלֹהִ֛ים גַּן־בְּעֵ֖דֶן מִקֶּ֑דֶם וַיָּ֣שֶׂם שָׁ֔ם אֶת־הָֽאָדָ֖ם אֲשֶׁ֥ר יָצָֽר׃
Le Seigneur Dieu planta un jardin-Éden (jardin-plaisir), depuis l’orient, et plaça la-bas l’homme qu’il avait modelé.

וַיַּצְמַ֞ח יְהוָ֤ה אֱלֹהִים֙ מִן־הָ֣אֲדָמָ֔ה כָּל־עֵ֛ץ נֶחְמָ֥ד לְמַרְאֶ֖ה וְטֹ֣וב לְמַאֲכָ֑ל וְעֵ֤ץ הַֽחַיִּים֙ בְּתֹ֣וךְ הַגָּ֔ן וְעֵ֕ץ הַדַּ֖עַת טֹ֥וב וָרָֽע׃
Le Seigneur Dieu fit pousser du sol tout arbre loué pour son aspect et bon à manger et l’arbre de la vie au milieu du jardin et l’arbre de la connaissance du bien et du mal.

וְנָהָר֙ יֹצֵ֣א מֵעֵ֔דֶן לְהַשְׁקֹ֖ות אֶת־הַגָּ֑ן וּמִשָּׁם֙ יִפָּרֵ֔ד וְהָיָ֖ה לְאַרְבָּעָ֥ה רָאשִֽׁים׃
Un fleuve sortait d’Éden pour irriguer le jardin et de la-bas il se divisait et devenait quatre têtes…

Arrêter ou se reposer?

Ajouter faute Adam et Ève et Dieu qui coud les habits.

Genèse 2, 8-25 Jardin d’Eden et Création de la femme

08 Le Seigneur Dieu planta un jardin en Éden, à l’orient, et y plaça l’homme qu’il avait modelé.

09 Le Seigneur Dieu fit pousser du sol toutes sortes d’arbres à l’aspect désirable et aux fruits savoureux ; il y avait aussi l’arbre de vie au milieu du jardin, et l’arbre de la connaissance du bien et du mal.

10 Un fleuve sortait d’Éden pour irriguer le jardin ; puis il se divisait en quatre bras :

11 le premier s’appelle le Pishone, il contourne tout le pays de Havila où l’on trouve de l’or

12 – et l’or de ce pays est bon – ainsi que de l’ambre jaune et de la cornaline ;

13 le deuxième fleuve s’appelle le Guihone, il contourne tout le pays de Koush ;

14 le troisième fleuve s’appelle le Tigre, il coule à l’est d’Assour ; le quatrième fleuve est l’Euphrate.

15 Le Seigneur Dieu prit l’homme et le conduisit dans le jardin d’Éden pour qu’il le travaille et le garde.

16 Le Seigneur Dieu donna à l’homme cet ordre : « Tu peux manger les fruits de tous les arbres du jardin ;

17 mais l’arbre de la connaissance du bien et du mal, tu n’en mangeras pas ; car, le jour où tu en mangeras, tu mourras. »

18 Le Seigneur Dieu dit : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul. Je vais lui faire une aide qui lui correspondra. »

19 Avec de la terre, le Seigneur Dieu modela toutes les bêtes des champs et tous les oiseaux du ciel, et il les amena vers l’homme pour voir quels noms il leur donnerait. C’étaient des êtres vivants, et l’homme donna un nom à chacun.

20 L’homme donna donc leurs noms à tous les animaux, aux oiseaux du ciel et à toutes les bêtes des champs. Mais il ne trouva aucune aide qui lui corresponde.

21 Alors le Seigneur Dieu fit tomber sur lui un sommeil mystérieux, et l’homme s’endormit. Le Seigneur Dieu prit une de ses côtes, puis il referma la chair à sa place.

22 Avec la côte qu’il avait prise à l’homme, il façonna une femme et il l’amena vers l’homme.

23 L’homme dit alors : « Cette fois-ci, voilà l’os de mes os et la chair de ma chair ! On l’appellera femme – Ishsha –, elle qui fut tirée de l’homme – Ish. »

24 À cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux ne feront plus qu’un.

25 Tous les deux, l’homme et sa femme, étaient nus, et ils n’en éprouvaient aucune honte l’un devant l’autre.

Genèse 3, 1-24 La faute, Dieu coud les habits 

01 Le serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs que le Seigneur Dieu avait faits. Il dit à la femme : « Alors, Dieu vous a vraiment dit : “Vous ne mangerez d’aucun arbre du jardin” ? »

02 La femme répondit au serpent : « Nous mangeons les fruits des arbres du jardin.

03 Mais, pour le fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : “Vous n’en mangerez pas, vous n’y toucherez pas, sinon vous mourrez.” »

04 Le serpent dit à la femme : « Pas du tout ! Vous ne mourrez pas !

05 Mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront, et vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal. »

06 La femme s’aperçut que le fruit de l’arbre devait être savoureux, qu’il était agréable à regarder et qu’il était désirable, cet arbre, puisqu’il donnait l’intelligence. Elle prit de son fruit, et en mangea. Elle en donna aussi à son mari, et il en mangea.

07 Alors leurs yeux à tous deux s’ouvrirent et ils se rendirent compte qu’ils étaient nus. Ils attachèrent les unes aux autres des feuilles de figuier, et ils s’en firent des pagnes.

08 Ils entendirent la voix du Seigneur Dieu qui se promenait dans le jardin à la brise du jour. L’homme et sa femme allèrent se cacher aux regards du Seigneur Dieu parmi les arbres du jardin.

09 Le Seigneur Dieu appela l’homme et lui dit : « Où es-tu donc ? »

10 Il répondit : « J’ai entendu ta voix dans le jardin, j’ai pris peur parce que je suis nu, et je me suis caché. »

11 Le Seigneur reprit : « Qui donc t’a dit que tu étais nu ? Aurais-tu mangé de l’arbre dont je t’avais interdit de manger ? »

12 L’homme répondit : « La femme que tu m’as donnée, c’est elle qui m’a donné du fruit de l’arbre, et j’en ai mangé. »

13 Le Seigneur Dieu dit à la femme : « Qu’as-tu fait là ? » La femme répondit : « Le serpent m’a trompée, et j’ai mangé. »

14 Alors le Seigneur Dieu dit au serpent : « Parce que tu as fait cela, tu seras maudit parmi tous les animaux et toutes les bêtes des champs. Tu ramperas sur le ventre et tu mangeras de la poussière tous les jours de ta vie.

15 Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ta descendance et sa descendance : celle-ci te meurtrira la tête, et toi, tu lui meurtriras le talon. »

16 Le Seigneur Dieu dit ensuite à la femme : « Je multiplierai la peine de tes grossesses ; c’est dans la peine que tu enfanteras des fils. Ton désir te portera vers ton mari, et celui-ci dominera sur toi. »

17 Il dit enfin à l’homme : « Parce que tu as écouté la voix de ta femme, et que tu as mangé le fruit de l’arbre que je t’avais interdit de manger : maudit soit le sol à cause de toi ! C’est dans la peine que tu en tireras ta nourriture, tous les jours de ta vie.

18 De lui-même, il te donnera épines et chardons, mais tu auras ta nourriture en cultivant les champs.

19 C’est à la sueur de ton visage que tu gagneras ton pain, jusqu’à ce que tu retournes à la terre dont tu proviens ; car tu es poussière, et à la poussière tu retourneras. »

20 L’homme appela sa femme Ève (c’est-à-dire : la vivante), parce qu’elle fut la mère de tous les vivants.

21 Le Seigneur Dieu fit à l’homme et à sa femme des tuniques de peau et les en revêtit.

22 Puis le Seigneur Dieu déclara : « Voilà que l’homme est devenu comme l’un de nous par la connaissance du bien et du mal ! Maintenant, ne permettons pas qu’il avance la main, qu’il cueille aussi le fruit de l’arbre de vie, qu’il en mange et vive éternellement ! »

23 Alors le Seigneur Dieu le renvoya du jardin d’Éden, pour qu’il travaille la terre d’où il avait été tiré.

24 Il expulsa l’homme, et il posta, à l’orient du jardin d’Éden, les Kéroubim, armés d’un glaive fulgurant, pour garder l’accès de l’arbre de vie.

Grégoire de Nysse, Homélie 12 sur le Cantique, l’arbre au milieu du paradis.

6.347.20
πάντα ὅσα ἐποίησεν ὁ θεὸς καλὰ λίαν εἶναι ὁ τῆς κοσμογενείας λόγος μαρτύρεται. ἓν δὲ τῶν λίαν καλῶν ἦν καὶ ὁ ἄνθρωπος, μᾶλλον δὲ πλεῖον τῶν ἄλλων κεκοσμημένος τῷ κάλλει·
Le lógos [la parole de Dieu] de la création du monde témoigne que tout ce que Dieu a fait était très beau (Genèse 1, 31). L’homme était aussi l’une des choses très belles et même il était paré de beauté encore plus que les autres choses.

τί γὰρ ἂν ἕτερον οὕτως εἴη καλὸν ὡς τὸ τοῦ ἀκηράτου κάλλους ὁμοίωμα; εἰ δὲ πάντα καλὰ λίαν, ἐν δὲ τοῖς πᾶσιν ἢ καὶ πρὸ πάντων ὁ ἄνθρωπος ἦν, οὐκ ἦν πάντως ἐν τῷ ἀνθρώπῳ ὁ θάνατος·
Quoi d’autre, en effet, aurait pu être autant beau que la ressemblance de la pure beauté  ? Si donc tout était très beau et dans ce tout ou plutôt avant tout était l’homme, la mort n’était pas du tout dans l’homme.

6.348.5 οὐ γὰρ ἂν καλόν τι ὁ ἄνθρωπος ἦν, εἴπερ εἶχεν ἐν ἑαυτῷ τῆς τοῦ θανάτου κατηφείας τὸν σκυθρωπὸν χαρακτῆρα.
En effet, l’homme n’aurait pas été quelque chose de beau, s’il avait eu en lui la triste marque de l’affliction de la mort.

ἀλλὰ τῆς ἀϊδίου ζωῆς ἀπεικόνισμα ὢν καὶ ὁμοίωμα καλὸς ἦν ὡς ἀληθῶς καὶ λίαν καλὸς τῷ φαιδρῷ τῆς ζωῆς χαρακτῆρι καλλωπιζόμενος.
Mais, étant l’image et la ressemblance de la vie éternelle, il était vraiment beau et très beau, embelli par la marque rayonnante de la vie.

ἦν δὲ αὐτῷ καὶ ὁ θεῖος παράδεισος διὰ (6.348.10) τῆς εὐκαρπίας τῶν δένδρων βρύων ζωήν, καὶ ἡ ἐντολὴ τοῦ θεοῦ ζωῆς ἦν νόμος τὸ μὴ ἀποθανεῖν παραγγέλλουσα.
Aussi le divin paradis était à lui (Gen.2,9) qui faisait jaillir la vie par la fertilité de ses arbres, et le commandement de Dieu était une loi de vie qui ordonnait de ne pas mourir (Gen.2,16-17).

ὄντος δὲ κατὰ τὸ μέσον τῆς τοῦ παραδείσου φυτείας τοῦ τὴν ζωὴν βρύοντος ξύλου, τί ποτε χρὴ τὸ ξύλον νοεῖν ἐκεῖνο οὗ ὁ καρπὸς ἡ ζωή,
La plante du bois qui faisait jaillir la vie étant au milieu du paradis, comment faut-il comprendre celui-là dont le fruit était la vie?

καὶ τοῦ θανατηφόρου δὲ ξύλου, οὗ καλὸν (6.348.15) ἅμα καὶ κακὸν εἶναι τὸν καρπὸν ἀποφαίνεται ὁ λόγος,
Et [au milieu du paradis était aussi la plante] du bois qui porte la mort, dont le lógos [la parole de Dieu] déclare que le fruit était en même temps bon et mauvais,

καὶ (6.349.1) αὐτοῦ κατὰ τὸ μέσον ὄντος τοῦ παραδείσου, ἀδυνάτου δὲ ὄντος ἐν τῷ μεσαιτάτῳ τοῖς δύο ξύλοις χώραν γενέσθαι;
et celui-ci étant aussi au milieu du paradis, il est impossible qu’il y ait dans ce qui est l’exacte centre la place pour deux bois;

ὁπότερον γὰρ ἂν δῶμεν ἐξ ἀμφωτέρων ἐπέχειν τὸ μέσον, κατὰ πᾶσαν ἀνάγκην τὸ ἕτερον τῆς τοῦ μέσου χώρας πάντως (6.349.5) ἐξείργεται·
En effet, si nous donnons à l’un ou l’autre des deux de se trouver au milieu, de toute nécessité l’autre sera entièrement exclu de la place du milieu:

πρὸς γὰρ τὸ περιέχον ἡ ἀκριβὴς τοῦ μέσου θέσις καταλαμβάνεται, ὅταν ἴσοις ἁπαντοχόθεν τοῖς διαστήμασιν ἀπέχῃ τοῦ πέρατος.
En effet, la place précise du centre se comprend en relation à la circonférence, lorsque il se trouve à égales distances de tous les points du périmètre.

ἐπειδὰν τοίνυν ἓν δι’ ἀκριβείας ᾖ τοῦ κύκλου τὸ μέσον, οὐκ ἂν γένοιτο μηχανὴ τοῦ αὐτοῦ μένοντος κύκλου δύο κέντρα κατὰ τὸ μέσον χώραν εὑρεῖν·
Chaque fois, donc, il n’y aura qu’un seul milieu du cercle, d’après le calcul il n’est pas possible pour un seul cercle que deux centres trouvent place au milieu:

εἰ γὰρ (6.349.10) ἕτερον παρατεθείη κέντρον τῷ προλαβόντι, πρὸς τοῦτο κατ’ ἀνάγκην συμμετατεθέντος τοῦ κύκλου ἔξω τοῦ μέσου τὸ πρότερον γίνεται τῆς τοῦ κύκλου περιοχῆς τῷ δευτέρῳ κέντρῳ περιγραφείσης.
Si, en effet, on plaçait un autre centre à côté de celui de départ, nécessairement le cercle se transformerait par rapport à celui-ci, le premier centre sera en dehors du milieu et la circonférence se dessine autour du deuxième centre.

ἀλλὰ μὴν ἐν τῷ μέσῳ φησὶν εἶναι τοῦ παραδείσου καὶ τοῦτο καὶ τοῦτο, καίτοι ἐναντίως πρὸς (6.349.15) ἄλληλα κατὰ τὴν δύναμιν ἔχοντα, τό τε ζωοποιὸν λέγω ξύλον καὶ οὗ θάνατος ἦν ὁ καρπός, ὅπερ ἁμαρτίαν ὁ Παῦλος ὠνόμασεν εἰπὼν ὅτι Καρπὸς ἁμαρτίας ὁ θάνατος.
mais [l’écriture] dit que celui-ci et celui-là étaient au milieu du paradis, et qu’ils avaient une puissance contraire l’un par rapport à l’autre, je dis qu’un arbre produisait la vie et le fruit de l’autre était la mort, fruit que justement Paul appela péché disant que le fruit du péché est la mort.

νοῆσαι ἄρα προσήκει διὰ τῆς τῶν εἰρημένων φιλοσοφίας τοῦτο τὸ δόγμα ὅτι τῆς μὲν τοῦ θεοῦ φυτείας τὸ μεσαίτατόν ἐστιν (6.349.20) ἡ ζωή, ὁ δὲ θάνατος ἀφύτευτος καθ’ ἑαυτόν ἐστι καὶ ἄρριζος ἰδίαν οὐδαμοῦ χώραν ἔχων, τῇ δὲ στερήσει τῆς ζωῆς  (6.350.1) ἐμφυτεύεται, ὅταν ἀργήσῃ τοῖς ζῶσιν ἡ μετουσία τοῦ κρείττονος.
Il faut, donc, considérer cette déclaration à travers une étude approfondie de ce qui a été dit: ce que Dieu a planté et ce qui se trouve précisément au milieu est la vie, la mort, par contre, n’a pas été plantée et n’a pas de racines, n’ayant nulle part de lieu qui lui appartienne en propre, c’est dans la privation de la vie qu’elle s’implante, lorsque s’affaiblit dans les vivants la participation au meilleur bien.

ἐπεὶ οὖν ἐν τῷ μέσῳ τῶν θείων φυτῶν ἐστιν ἡ ζωή, τῇ δὲ ἀποπτώσει ταύτης ἐνυφίσταται ἡ τοῦ θανάτου φύσις, διὰ τοῦτο καὶ τὸ θανατηφόρον ξύλον ὁ τὸ δόγμα τοῦτο (6.350.5) δι’ αἰνιγμάτων φιλοσοφήσας ἐν τῷ μέσῳ εἶναι τοῦ παραδείσου λέγει, οὗ τὸν καρπὸν εἶπε σύμμικτον ἔχειν ἐκ τῶν ἐναντίων τὴν δύναμιν· τὸ γὰρ αὐτὸ καλόν τε εἶναι ἅμα καὶ κακὸν διωρίσατο, τῆς ἁμαρτίας οἶμαι διὰ τούτου τὴν φύσιν ὑπαινιττόμενος.
Puisque, donc, la vie est au milieu des plantes divines, c’est dans la dégradation de celle-ci que la nature de la mort prend place, c’est pour cela que celui qui expose un enseignement à travers des énigmes fait cette déclaration que le bois porteur de mort était aussi dans le milieu du paradis, et dit que son fruit avait une puissance formée de contraires: en effet, le même fruit est défini à la fois beau et mauvais, faisant allusion par cela, je pense, à la nature du péché.

ἐπειδὴ γὰρ πάντων τῶν διὰ κακίας ἐνεργουμένων (6.350.15) ἡδονή τις καθηγεῖται πάντως καὶ οὐκ ἔστιν εὑρεῖν ἁμαρτίαν ἡδονῆς διεζευγμένην, ὅσα τε διὰ θυμοῦ καὶ ὅσα δι’ἐπιθυμίας γίνεται πάθη, τούτου χάριν καὶ καλὸς ὁ καρπὸς ὀνομάζεται κατὰ τὴν ἡμαρτημένην τοῦ καλοῦ κρίσιν τοῖς τὸ καλὸν ἐν ἡδονῇ τιθεμένοις τοιοῦτος δοκῶν.
puisqu’en effet, un certain plaisir dirige tout ce qui est opéré par une mauvaise inclinaison et qu’en tout cas il n’est pas possible de trouver un péché qui soit séparé du plaisir, que ce soit les passions engendrées par la colère ou par le désir, c’est à cause de cela que le fruit est appelé beau à cause du jugement erroné sur ce qui est beau car il apparaît ainsi à ceux qui placent le beau dans le plaisir.

πονηρὸς δὲ (6.350.10) μετὰ ταῦτα τῇ πικρᾷ τῆς βρώσεως ἀναδόσει εὑρίσκεται κατὰ τὴν παροιμιώδη φωνὴν ἥ φησι Μέλι τῶν χειλέων τῆς κακίας ἀποστάζειν, ἣ πρὸς καιρὸν μὲν λιπαίνει τὸν φάρυγγα, μετὰ ταῦτα δὲ πικρότερον χολῆς τοῖς κακῶς γλυκανθεῖσιν εὑρίσκεται.
Mais après cela, on le trouve mauvais dans la digestion amère de la nourriture, selon la parole proverbiale (Proverbes 5, 3-4): « Le miel coule goutte après goutte des lèvres qui ont une mauvaise intention, pour un moment il induit d’huile la gorge, mais après cela il est trouvé plus amer que la bile par celui qui a goûté de la douceur en faisant le mal. »

ἐπειδὴ τοίνυν ἀποστὰς τῆς τῶν (6.350.20) ἀγαθῶν παγκαρπίας ὁ ἄνθρωπος τοῦ φθοροποιοῦ καρποῦ διὰ τῆς παρακοῆς ἐνεπλήσθη (ὄνομα δὲ τοῦ καρποῦ τούτου ἡ θανατοποιὸς ἁμαρτία), εὐθὺς ἐνεκρώθη τῷ κρείττονι (6.351.1) βίῳ τὴν ἄλογον καὶ κτηνώδη ζωὴν τῆς θειοτέρας ἀνταλλαξάμενος.
Ensuite, donc, s’étant détourné de l’abondance de tous ces fruits, l’homme par le fait d’avoir prêté écoute à ce qui était erroné, il se remplit du fruit qui produit la corruption (le nom de ce fruit est le péché qui produit la mort), immédiatement il mourut au mode de vie plus élevé, prenant à la place de la condition de vie plus divine, la condition de vie des bêtes privées de parole.

καὶ καταμιχθέντος ἅπαξ τοῦ θανάτου τῇ φύσει συνδιεξῆλθε ταῖς τῶν τικτομένων διαδοχαῖς ἡ νεκρότης. ὅθεν νεκρὸς ἡμᾶς διεδέξατο βίος αὐτῆς τρόπον τινὰ τῆς (6.351.5) ζωῆς ἡμῶν ἀποθανούσης· νεκρὰ γὰρ ἄντικρύς ἐστιν ἡμῶν ἡ ζωὴ τῆς ἀθανασίας ἐστερημένη.
Et une fois que la mort fut mélangée à la nature, la mortalité fut transmise de l’un à l’autre à ceux qui furent engendrés successivement. A partir de là, nous avons reçu les uns des autres une vie morte, car d’une certaine façon notre vie elle-même a été tuée: en effet, notre vie est morte à l’instant même où elle a été privée de l’immortalité.

διὰ τοῦτο ταῖς δύο ταύταις ζωαῖς μεσιτεύει ὁ Ἐν μέσῳ τῶν δύο ζωῶν γινωσκόμενος, ἵνα τῇ ἀναιρέσει τῆς χείρονος δῷ τῇ ἀκηράτῳ τὰ νικητήρια.
C’est pour cela que celui « qui est reconnu au milieu des deux vies » (Habacuc 3, 2) est un médiateur entre ces deux vies, afin que par la destruction de celle qui est inférieure, il confère le prix de la victoire à celle qui est pure [ἀκηράτῳ intacte, non touchée par la mort].

Grégoire de Nysse cite ici un passage du prophète Habacuc, qu’il interprète dans le sens messianique où le Christ qui est de nature divine, et donc immortelle, et en même temps de nature humaine, mortelle, a donné la victoire à la nature divine en détruisant la mort et conduisant la nature humaine à sa pureté originelle, celle pour laquelle elle a été créée, l’immortalité.

ὥσπερ τοίνυν τῷ ἀποθανεῖν τῇ ἀληθινῇ ζωῇ ὁ ἄνθρωπος (6.351.10) εἰς τὸν νεκρὸν τοῦτον μετέπεσε βίον, οὕτως ὅταν ἀποθάνῃ τῇ νεκρᾷ ταύτῃ καὶ κτηνώδει ζωῇ, πρὸς τὴν ἀεὶ ζῶσαν ἀντιμεθίσταται, ὡς ἀναμφίβολον εἶναι ὅτι οὐκ ἔστιν ἐν τῇ μακαρίᾳ γενέσθαι ζωῇ μὴ νεκρὸν τῇ ἁμαρτίᾳ γενόμενον.
De même, donc, que l’homme, par le fait de mourir à la vraie vie, est tombé dans celle qui est morte, ainsi, lorsqu’il meurt à celle qui est morte et à la vie bestiale, il est transféré auprès de la vie qui vit toujours, ainsi il n’y a pas de doute qu’il n’est pas engendré dans la vie bienheureuse, s’il ne devient pas mort au péché.

οὗ χάριν ἐν τῷ αὐτῷ κατὰ τὸ μέσον ἑκάτερον τῶν ξύλων (6.351.15) εἶναι ὑπὸ τοῦ λόγου πεφιλοσόφηται ὡς τοῦ μὲν φύσει ὄντος, τοῦ δὲ ἐπιγινομένου τῷ ὄντι διὰ στερήσεως·
C’est grâce à cela que par la parole nous a été enseigné avec philosophie que chacun des deux bois est dans le même milieu, dans le sens où l’un s’y trouve par nature, l’autre c’est par la privation qu’il a été engendré sur celui qui y était.

ἐκ γὰρ τοῦ αὐτοῦ ἐπὶ τοῦ αὐτοῦ διὰ μετουσίας τε καὶ στερήσεως ἡ ἀντιμετάστασις γίνεται καὶ ζωῆς καὶ θανάτου ἐπειδὴ ὁ νεκρωθεὶς τῷ ἀγαθῷ ζῇ τῷ κακῷ καὶ ὁ νεκρὸς ἐν κακίᾳ (6.352.1) γενόμενος πρὸς τὴν ἀρετὴν ἀνεβίω.
L’échange entre la vie et la mort s’opère sur le même être à partir du même être, par participation et par privation : Celui qui est mort au bien vit au mal et le mort plongé dans le mal retrouve la vie en se tournant vers la vertu.

 

Note 213: Le mal n’existe pas en soi, explique Grégoire de Nysse. Voir Catéchèse de la foi, 5, PDF 6, pp. 33-40.

De paradiso 1, 6

Ergo si paradisus est in quo erant exorta uirgulta, uidetur paradisus anima esse, quae multiplicat semen acceptum, in qua uirtus unaquaeque plantatur, in qua erat etiam lignum uitae, hoc est sapientia, sicut dixit Solomon quia sapientia non de terra exorta est, sed de patre; est enim splendor lucis aeternae et manatio omnipotentis gloriae.
Si donc c’est dans le paradis qu’étaient sortis les premiers rejetons (uirgulta), il semble que le paradis soit l’âme, qui multiplie la semence qu’elle a reçue, [l’âme] dans laquelle est plantée chaque vertu, dans laquelle se trouvait aussi le bois de la vie, qui est la sagesse, comme dit Salomon (Livre de la Sagesse 7, 21-26) que la sagesse n’est pas sortie de la terre, mais du père; en effet, elle est splendeur de lumière éternelle et diffusion de la gloire du tout-puissant.

De paradiso 3, 12-13

‘ Est ergo paradisus terra quaedam fertilis, hoc est anima fecunda, in Edem plantata, hoc est in uoluptate quadam uel exercitata terra, in qua animae sit delectatio.
Le paradis est donc une certaine terre fertile, ce qui est l’âme féconde, planté en Eden, ce qui [Eden] est un certain plaisir ou bien une terre qui a été cultivée, dans laquelle se trouve la délectation de l’âme.

[…]

erat fons qui inrigaret paradisum. qui fons nisi dominus Iesus Christus, fons uitae aeternae sicut pater? quia scriptum est: quoniam apud te fons uitae, denique: flumina de uentre eius fluent aquae uiuae.
il y avait une source qui irriguait le paradis. De quelle autre source [pouvait-il s’agir] si ce n’est de Jésus Christ, source de vie éternelle comme le père? Puisqu’il est écrit (Psaume 35, 10): « car près de toi est la source de vie », et ensuite:

et fons legitur et fluuius legitur, quì inrigat paradisi lignum fructuosum, quod ferat fructum in uitam aeternam. hic ergo fons, sicut legisti
on lit d’une source et on lit d’un fleuve, qui irrigue le bois porteur de fruits du paradis, qui porte du fruit dans la vie éternelle. Donc cette source, d’après ce que tu viens de lire

— fons enim procedit inquit ex Edem, id est: in anima tua fons est, unde et Solomon ait: bibe aquam de tuis uasis et de puteorum tuorum fontibus —
– en effet, une source, dit le texte, provient d’Eden, c’est-à-dire: dans ton âme il y a une source, ce qui fait dire aussi à Salomon (dans le livre de XXCC): bois l’eau de tes oasis et des sources de tes puits –

hic est fons, qui procedit ex illa exercitata et plena uoluptatis anima, hic fons, qui inrigat paradisum, hoc est uirtutes animae eminentissimo merito pullulantes.
celle-ci est la source, qui provient de cette âme qui a été labourée et remplie de plaisir, cette source, qui irrigue le paradis, ce paradis qui est celui des vertus de l’âme qui jaillissent par des mérites très élevés.

Nous avons vu, donc, dans les passages qui précèdent que tout a été offert à la nature humaine, l’abondance de la vie divine immortelle, mais que l’etre humain s’en est détourné. Voici maintenant décrites les conséquences de ses actions, représentées par le symbole des fils qui sont le fruit de nos actes. Voici donc les attitudes de l’âme humaine et le résultat de ces attitudes représenté par les fils d’Adam et Ève, Caïn et Abel.

Genèse 4, 1-8 Caïn et Abel

וְהָ֣אָדָ֔ם יָדַ֖ע אֶת־חַוָּ֣ה אִשְׁתֹּ֑ו וַתַּ֙הַר֙ וַתֵּ֣לֶד אֶת־קַ֔יִן וַתֹּ֕אמֶר קָנִ֥יתִי אִ֖ישׁ אֶת־יְהוָֽה׃
L’homme connu   Ève, sa femme et elle conçut, et elle enfanta Caïn et elle dit: « J’ai acquis un homme avec le Seigneur ! »

וַתֹּ֣סֶף לָלֶ֔דֶת אֶת־אָחִ֖יו אֶת־הָ֑בֶל וַֽיְהִי־הֶ֙בֶל֙ רֹ֣עֵה צֹ֔אן וְקַ֕יִן הָיָ֖ה עֹבֵ֥ד אֲדָמָֽה׃
Elle ajouta en enfantant son frère Abel et Abel devint berger de brebis et Caïn fur travailleur du sol.

וַֽיְהִ֖י מִקֵּ֣ץ יָמִ֑ים וַיָּבֵ֨א קַ֜יִן מִפְּרִ֧י הָֽאֲדָמָ֛ה מִנְחָ֖ה לַֽיהוָֽה׃
A la fin des jours, Caïn apporta des fruits du sol en offrande au Seigneur.

וְהֶ֨בֶל הֵבִ֥יא גַם־ה֛וּא מִבְּכֹרֹ֥ות צֹאנֹ֖ו וּמֵֽחֶלְבֵהֶ֑ן וַיִּ֣שַׁע יְהוָ֔ה אֶל־הֶ֖בֶל וְאֶל־מִנְחָתֹֽו׃
Et Abel aussi apporta les premiers-nés de son troupeau et de leur graisse et le Seigneur regarda vers Abel et son offrande,

וְאֶל־קַ֥יִן וְאֶל־מִנְחָתֹ֖ו לֹ֣א שָׁעָ֑ה וַיִּ֤חַר לְקַ֙יִן֙ מְאֹ֔ד וַֽיִּפְּל֖וּ פָּנָֽיו׃
mais vers Caïn et son offrande, il ne regarda pas et Caïn se fâcha et son visage tomba.

וַיֹּ֥אמֶר יְהוָ֖ה אֶל־קָ֑יִן לָ֚מָּה חָ֣רָה לָ֔ךְ וְלָ֖מָּה נָפְל֥וּ פָנֶֽיךָ׃
Et le Seigneur dit à Caïn : «Pourquoi es-tu fâché, pourquoi ton visage est tombé ?

הֲלֹ֤וא אִם־תֵּיטִיב֙ שְׂאֵ֔ת וְאִם֙ לֹ֣א תֵיטִ֔יב לַפֶּ֖תַח חַטָּ֣את רֹבֵ֑ץ וְאֵלֶ֙יךָ֙ תְּשׁ֣וּקָתֹ֔ו וְאַתָּ֖ה תִּמְשָׁל־בֹּֽו׃
N’est-ce pas que si fais bien tu t’élèveras et si tu n’agis pas bien le péché est en bas de la porte et son désir est dirigé vers toi et toi tu le domineras.»

וַיֹּ֥אמֶר קַ֖יִן אֶל־הֶ֣בֶל אָחִ֑יו וַֽיְהִי֙ בִּהְיֹותָ֣ם בַּשָּׂדֶ֔ה וַיָּ֥קָם קַ֛יִן אֶל־הֶ֥בֶל אָחִ֖יו וַיַּהַרְגֵֽהוּ׃
Et Caïn parla à son frère Abel et, quand ils furent dans le champs, Caïn se leva contre son frère Abel et le tua.

וַיֹּ֤אמֶר יְהוָה֙ אֶל־קַ֔יִן אֵ֖י הֶ֣בֶל אָחִ֑יךָ וַיֹּ֙אמֶר֙ לֹ֣א יָדַ֔עְתִּי הֲשֹׁמֵ֥ר אָחִ֖י אָנֹֽכִי׃
Le Seigneur dit à Caïn: «Où est ton frère Abel?» Et il dit: «Je ne sais pas. Est-ce que je suis le gardien de mon frère, moi?»

וַיֹּ֖אמֶר מֶ֣ה עָשִׂ֑יתָ קֹ֚ול דְּמֵ֣י אָחִ֔יךָ צֹעֲקִ֥ים אֵלַ֖י מִן־הָֽאֲדָמָֽה׃
Et il dit : « Qu’as-tu fait? La voix du sang de ton frère crie vers moi depuis le sol.

וְעַתָּ֖ה אָר֣וּר אָ֑תָּה מִן־הָֽאֲדָמָה֙ אֲשֶׁ֣ר פָּצְתָ֣ה אֶת־פִּ֔יהָ לָקַ֛חַת אֶת־דְּמֵ֥י אָחִ֖יךָ מִיָּדֶֽךָ׃
Maintenant, sois maudit du sol qui a ouvert la bouche pour prendre le sang de ton frère de ta main.

revoir traduction maudit

כִּ֤י תַֽעֲבֹד֙ אֶת־הָ֣אֲדָמָ֔ה לֹֽא־תֹסֵ֥ף תֵּת־כֹּחָ֖הּ לָ֑ךְ נָ֥ע וָנָ֖ד תִּֽהְיֶ֥ה בָאָֽרֶץ׃
Car tu travailleras le sol, mais il ne te donnera plus sa force, tu seras instable et tu seras errant sur la terre.»

וַיֹּ֥אמֶר קַ֖יִן אֶל־יְהוָ֑ה גָּדֹ֥ול עֲוֹנִ֖י מִנְּשֹֽׂא׃
Alors Caïn dit au Seigneur: «Ma faute est plus grande que ce que je peux porter!

הֵן֩ גֵּרַ֨שְׁתָּ אֹתִ֜י הַיֹּ֗ום מֵעַל֙ פְּנֵ֣י הָֽאֲדָמָ֔ה וּמִפָּנֶ֖יךָ אֶסָּתֵ֑ר וְהָיִ֜יתִי נָ֤ע וָנָד֙ בָּאָ֔רֶץ וְהָיָ֥ה כָל־מֹצְאִ֖י יַֽהַרְגֵֽנִי׃
Voici qu’aujourd’hui tu m’as éloigné de la surface du sol et de ta face je me cacherai et je serai instable et errant sur la terre et celui qui me trouvera me tuera.»

וַיֹּ֧אמֶר לֹ֣ו יְהוָ֗ה לָכֵן֙ כָּל־הֹרֵ֣ג קַ֔יִן שִׁבְעָתַ֖יִם יֻקָּ֑ם וַיָּ֨שֶׂם יְהוָ֤ה לְקַ֙יִן֙ אֹ֔ות לְבִלְתִּ֥י הַכֹּות־אֹתֹ֖ו כָּל־מֹצְאֹֽו׃
Le Seigneur lui dit: «C’est pourquoi celui qui tue Caïn, sera vengé sept fois.» Et le Seigneur mit un signe à Caïn pour que celui qui le trouve ne le frappe pas.

En effet, Dieu ordonne plusieurs fois au prophète Ezéchiel d’annoncer à son peuple (Ezéchiel 33, 11) : « Tu leur diras : Par ma vie – oracle du Seigneur Dieu – je ne prends pas plaisir à la mort du méchant, mais bien plutôt à ce qu’il se détourne de sa conduite et qu’il vive.» D’après ces commentaires des Pères de l’Eglise, le récit d’Adam et Ève et de leurs enfants, nous parle de la condition de l’âme humaine, de son doute sur Dieu et des conséquences de ses choix. Et nous voyons aussi l’attitude de Dieu, qui face aux erreurs humaines, n’abandonne pas l’être humain, mais vient à son secours et le protège. C’est ainsi qu’il constate la dureté de la vie qui attend Adam et Ève après qu’ils se sont séparés et dénoncés l’un l’autre et leur coud lui-même des habits de peau pour cacher leur honte et les ramener l’un vers l’autre. De même, lorsque Caïn a tué Abel et qu’il a peur de ceux qui réclament le prix du sang pour la vie d’Abel, Dieu met un signe sur lui afin de le protéger, en attendant que le pécheur revienne à la vie. Toute l’œuvre de Dieu est de nous conduire à goûter la joie du ciel, c’est à dire la joie qui provient du parfait échange d’amour. L’image que les apôtres donnent de cette harmonie est celle du corps humain et de ses membres qui collaborent tous au bien commun: citation CXCC.

Ezechiel 33, 11:
אֱמֹ֨ר אֲלֵיהֶ֜ם חַי־אָ֣נִי ׀ נְאֻ֣ם ׀ אֲדֹנָ֣י יְהוִ֗ה אִם־אֶחְפֹּץ֙ בְּמֹ֣ות הָרָשָׁ֔ע כִּ֣י אִם־בְּשׁ֥וּב רָשָׁ֛ע מִדַּרְכֹּ֖ו וְחָיָ֑ה שׁ֣וּבוּ שׁ֜וּב

Et saint Augustin aussi nous dit que l’oeuvre de Dieu est de nous conduire à la pleine ressemblance avec lui, c’est-à-dire à cette unité parfaite dans l’amour dont nous parle Jésus: « Soyez un, comme moi et mon père nous sommes un. »

Ciration Augustin sur l’image et ressemblance:

 

De Cain et Abel 1, 2-4

Adam autem cognouit Euam mulierem suam, quae concepit et peperit Cain et dixit:
Adam, toutefois, connut sa femme Eve, qui conçut et enfanta Caïn et dit:

adquisiui hominem per deum. quae adquirimus ex quo et a quo et per quid adquiramus considerari solet, ex quo tamquam ex materia, a quo quis auctor, per quid tamquam per aliquod instrumentum.
j’ai acquis un homme par Dieu. Ce que nous avons acquis, il est habituel de considérer sa provenance: de quoi en considérant de quelle matière, de qui en considérant sont auteur et par quoi en considérant par quel moyen nous l’avons acquis.

numquid hic sic dicit: adquisiui hominem per deum, ut deum intellegas instrumentum?
est-ce qu’ici elle aurait dit: j’ai acquis un homme par Dieu, afin que tu comprenne que Dieu en était l’instrument?

non utique, sed ut intellegas auctorem et operatorem deum.
non, certes, mais afin que tu comprennes que Dieu en était l’auteur qui a opéré cela.

unde deo magis detulit, quia dixit: adquisiui hominem per deum, ut et nos, cum aliquid adquirimus, uel omnes euentus secundos deo magis deferre quam nobis adrogare debemus.
c’est pour cela qu’elle a attribué à Dieu la part la plus grande, puisqu’elle a dit: j’ai acquis un homme par Dieu, afin que nous aussi, lorsque nous avons acquis quelque chose, ou bien en toute circonstance heureuse, nous devrions attribuer cela plus à Dieu qu’à nous.

et adiecit parere Abel. cum adicitur aliquid, quod prius erat tollitur. idque colligitur ex arithmeticae portionibus aut animae cogitationibus; addito enim numero fit alius numerus, aboletur superior et cogitatio accedens noua excludit superiorem.
« Et elle ajouta l’accouchement d’Abel » (Genèse 4, 2). Lorsque quelque chose est ajouté, ce qui été d’abord est enlevé. On peut conclure cela à partir des nombres qu’on additionne dans l’arithmétique ou des pensées de l’âme; en effet, une fois ajouté un nombre on obtient un autre nombre, le nombre précédent est effacé et en accédant à une nouvelle pensée, la précédente est chassée.

ergo cum adicitur Abel, aufertur Cain. quod nominum interpretatione plenius deprehenditur. Cain etenim dictus est adquisitio, quod omnia sibi adquireret, Abel qui omnia referret ad deum pia deuotus mentis adtentione, nihil sibi adrogans ut superior frater, sed totum tribuens conditori quod accepisset ab eo.
Donc, lorsqu’on ajoute Abel, Caïn est enlevé. Cela peut se comprendre encore plus par l’interprétation des noms. Comme il a été dit, Caïn c’est l’acquisition, parce qu’il acquiert tout pour lui-même. Abel qui rapporte tout à Dieu par l’attention de son esprit dévot, il n’attribue rien à lui-même, comme son frère, mais il attribue au créateur tout ce qu’il reçoit de lui.

Duae itaque sectae sunt sub duorum fratrum nomine conpugnantes inuicem et contrariae sibi, una quae totum menti suae deputat tamquam principali et quasi cuidam cogitationis et sensus et motus omnis auctori, hoc est quae omnes inuentiones humano adscribit ingenio, altera quae tamquam operatori et creatori omnium deo defert et eius tamquam parentis atque rectoris subdit omnia gubernaculo.
D’après cela, sous le nom des deux frères, il y a deux attitudes contraires qui se combattent l’une l’autre: une qui rapporte tout à son propre esprit en tant que principal auteur de toute réflexion, sens et mouvement, c’est l’attitude qui attribue à l’intellect humain toute tout ce qu’il trouve, l’autre est celle qui rapporte à Dieu créateur et opérateur de tout et qui soumet tout à son gouvernail comme à un géniteur et à un guide.

illa prior Cain significatur, haec posterior Abel dicitur. has duas sectas anima una parturit et ideo germanae habentur, quod uno fundantur utero, sed contrariae sunt, quia oportet eas, cum quodam animae partu editae fuerint, diuidi ac separari; conpugnantibus enim hospitium esse unum perpetuo non potest.
Dans la première est signifié Caïn, la deuxième décrit Abel. Une seule âme a enfanté ces deux attitudes qu’on considère donc comme issues d’un même parent, puisque elles ont été constituées dans un unique utérus, mais elles sont contraires, donc il faudra qu’elles se divisent et se séparent, bien qu’ayant été engendrées par un certain accouchement de l’âme; en effet, deux qui sont en lutte ne peuvent pas avoir pour toujours même demeure.

denique Rebecca, cum duas naturas humani ingenii parturiret, unam mali alteram boni, easque exilire intra uterum sentiret suum — Esau enim typus erat malitiae, Iacob figuram bonitatis gerebat —, mirata quid illud esset quod discordiam quandam concepti cerneret fetus, consuluit deum, ut passionem proderet, medellam daret.
Et donc, aussi Rebecca, étant sur le point d’enfanter les deux natures de l’intellect humain, l’une du mal et l’autre du bien, qu’elle sentait bondir dans son utérus – en effet, Esaü représentait la malice, Jacob personnifiait la figure de la bonté -, observant quelle pouvait être cette sorte de discorde qu’elle discernait dans le fétus qu’elle avait conçu, elle interrogea Dieu, afin que révélé le symptôme, il donne un remède.

itaque precanti est responsum editum : duae gentes in utero tuo sunt et duo populi de uentre tuo exibunt. quod si ad animam referas, eandem generatricem boni et mali intelleges, quia ex quodam fonte animae utrumque demanat, sed hoc sobrii solet esse iudicii, ut repudiato malo uelut enutriat quod bonum est atque confirmet.
ainsi une réponse fut prononcée:  » Deux nations sont dans ton ventre et deux peuples sortiront de ton ventre  » (Genèse 25, 23). Si tu rapporte cela à l’âme, tu comprendras que la même [âme] engendre le bien et le mal, puisque tous les deux descendent de la même source de l’âme, mais ceci est le propre d’un jugement lucide: de répudier le mal afin de nourrir et fortifier ce qui est bon.

prius ergo quam pariat bonum, hoc est reuerentiam deo debitam, ut ipsi totum deferat, sua praefert; cum uero genuerit confessionem, quae defertur deo, deponit sui cordis tumorem. adiciens ergo deus bonum animae dogma Abel abstulit inprobum dogma Cain.
Avant, donc, d’enfanter le bien, ce qui consiste à vénérer Dieu en lui attribuant tout, l’âme met en avant ses propres biens à elle; lorsqu’ensuite elle a engendré la proclamation que tout cela doit être attribué à Dieu, c’est alors qu’elle abandonne la tumeur qui gonflait son coeur [d’orgueil]. Dieu, donc, en ajoutant Abel qui est la bonne déclaration de l’âme, a enlevé Caïn qui est la déclaration blâmable.

 

 

 

Exode  20, 9-10

09 Pendant six jours tu travailleras et tu feras tout ton ouvrage ;

10 mais le septième jour est le jour du repos, sabbat en l’honneur du Seigneur ton Dieu : tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni tes bêtes, ni l’immigré qui est dans ta ville.

11 Car en six jours le Seigneur a fait le ciel, la terre, la mer et tout ce qu’ils contiennent, mais il s’est reposé le septième jour. C’est pourquoi le Seigneur a béni le jour du sabbat et l’a sanctifié.

Le septième jour. Le jour du Seigneur. Voir article sur semaine sainte et semaine de la création.

Afin que l’objectif et le sens de notre vie soit toujours devant nous, Dieu nous prescrit de dédier un jour de la semaine à lui, c’est-à-dire à accomplir sa volonté, à vivre sur la terre comme au ciel. Cela signifie goûter à la joie que Dieu à prévu pour nous, à la source de vie éternelle dans laquelle nous ne faisons plus qu’un: avec lui et entre nous, animés du même amour qui est l’esprit de Dieu qu’il a insufflé en nous et qui est le lien d’amour qui unit le Père et le Fils dans la Trinité divine, mais qui unit aussi le Père à ses enfants adoptifs que le Christ a uni à lui, à sa personne, à son propre corps. « Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle. » Cela signifie qu’il participe de l’action de grâce du Fils unique qui l’unit à Dieu dans la confiance filiale. Cela présuppose, donc, que l’unité et la parfaite harmonie règne entre les membres du corps du Christ que nous sommes. Cela signifie « que lui est la tête et nous ses membres » animés par le même souffle d’amour qui l’unit au Père. Cela signifie aussi que nous aussi nous pouvons dire: « Notre Père qui est au cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. »

Voici le véritable repos de Dieu: lorsque ses enfants vivent finalement dans l’unité parfaite entre eux et avec lui. Ceci est le septième jour où le soleil ne se couche pas mais illumine et brille en chacun de nous: citation Apocalypse

En efffet, chaque fois que Jésus rencontre quelqu’un qui est mort à la vie terrestre, il nous dit qu’il repose, car il repose auprès de Dieu.

Le jour du Seigneur sur terre devrait donc être un jour où nous devançons ce repos confiant en Dieu, un jour où nous goûtons déjà sur terre à la joie de vivre dans l’unité et la paix et nous nous abstenons, donc, de toute œuvre servile, d’esclave. Mais qu’est-ce que donc fait de nous des esclaves, qu’est-ce qui nous enchaîne ? Le mal et l’enchaînement des violences, lorsque nous répondons à l’offense avec l’offense car nous sommes tous également pécheurs, car également privés de la gloire de Dieu. C’est alors que le Christ nous libère par son pardon en abattant le mur de haine qui nous divise. (Citations)

Pour comprendre donc que le jour hebdomadaire du Sabbat, le jour de la semaine dédié à la vie du royaume des cieux sur la terre, n’est qu’un anticipation et un rappel, Dieu prescrit aussi une année entière dans laquelle nous sommes appelés à vivre cette vie du royaume des cieux. Il demande donc de compter une période de sept fois sept ans et à la cinquantième année il nous invite à entrer dans une année jubilaire, une année de joie, de réjouissances en réalisant une communion avec Dieu et entre nous, en abolissant nos divisions: citation année jubilaire.

Ainsi Jésus envoie les apôtres annoncer au monde que le royaume des cieux est tout proche de nous, il est au milieu de nous. La vie du royaume est celle qui nous est apportée par Jésus, il nous en ouvre l’acces. Pour entrer dans la vie éternelle dès maintenant il suffit d’être comme un enfant. Regardons la confiance que le tout petit nourrit à l’égard de ses parents, cela est un modèle de la confiance que nous pouvons mettre en Dieu en vivant cette relation d’amosur avec celui qui nous a donné la vie dans la pleine gratuité. Est-ce qu’un enfant doit payer les parents pour la nourriture et l’amour qu’il reçoit ? N’est-ce pas la joie de ses parents de le combler et de le voir heureux ? Et l’amour reconnaissant que l’enfant porte à ses parents est-il le résultat d’une obligation qu’on lui impose ou le fruit spontané de celui qui a connu cette source d’amour gratuit et en est donc re-connaissant? L’enfant, le tout petit, est aussi un modèle de la relation au prochain, il attend du Père l’exhortation à se tourner vers autrui et lorsqu’il est introduit dans cette relation confiante, il ne fait pas de distinction entre le pauvre et le riche, le jeune ou le vieux, l’étranger ou celui qui parle la même langue.

Matthieu 12, 11-12

11 Mais il leur dit : « Si l’un d’entre vous possède une seule brebis, et qu’elle tombe dans un trou le jour du sabbat, ne va-t-il pas la saisir pour la faire remonter ?

12 Or, un homme vaut tellement plus qu’une brebis ! Il est donc permis de faire le bien le jour du sabbat. »

Marc 3, 2-5

02 On observait Jésus pour voir s’il le guérirait le jour du sabbat. C’était afin de pouvoir l’accuser.

03 Il dit à l’homme qui avait la main atrophiée : « Lève-toi, viens au milieu. »

04 Et s’adressant aux autres : « Est-il permis, le jour du sabbat, de faire le bien ou de faire le mal ? de sauver une vie ou de tuer ? » Mais eux se taisaient.

05 Alors, promenant sur eux un regard de colère, navré de l’endurcissement de leurs cœurs, il dit à l’homme : « Étends la main. » Il l’étendit, et sa main redevint normale.

Luc 6,

06 Un autre jour de sabbat, Jésus était entré dans la synagogue et enseignait. Il y avait là un homme dont la main droite était desséchée.

07 Les scribes et les pharisiens observaient Jésus pour voir s’il ferait une guérison le jour du sabbat ; ils auraient ainsi un motif pour l’accuser.

08 Mais lui connaissait leurs raisonnements, et il dit à l’homme qui avait la main desséchée : « Lève-toi, et tiens-toi debout, là au milieu. » L’homme se dressa et se tint debout.

09 Jésus leur dit : « Je vous le demande : Est-il permis, le jour du sabbat, de faire le bien ou de faire le mal ? de sauver une vie ou de la perdre ? »

10 Alors, promenant son regard sur eux tous, il dit à l’homme : « Étends la main. » Il le fit, et sa main redevint normale.

Luc 13, 10-16

10 Jésus était en train d’enseigner dans une synagogue, le jour du sabbat.

11 Voici qu’il y avait là une femme, possédée par un esprit qui la rendait infirme depuis dix-huit ans ; elle était toute courbée et absolument incapable de se redresser.

12 Quand Jésus la vit, il l’interpella et lui dit : « Femme, te voici délivrée de ton infirmité. »

13 Et il lui imposa les mains. À l’instant même elle redevint droite et rendait gloire à Dieu.

14 Alors le chef de la synagogue, indigné de voir Jésus faire une guérison le jour du sabbat, prit la parole et dit à la foule : « Il y a six jours pour travailler ; venez donc vous faire guérir ces jours-là, et non pas le jour du sabbat. »

15 Le Seigneur lui répliqua : « Hypocrites ! Chacun de vous, le jour du sabbat, ne détache-t-il pas de la mangeoire son bœuf ou son âne pour le mener boire ?

16 Alors cette femme, une fille d’Abraham, que Satan avait liée voici dix-huit ans, ne fallait-il pas la délivrer de ce lien le jour du sabbat ? »

 

Jean 5, 15-17

15 L’homme partit annoncer aux Juifs que c’était Jésus qui l’avait guéri.

16 Et ceux-ci persécutaient Jésus parce qu’il avait fait cela le jour du sabbat.

17 Jésus leur déclara : « Mon Père est toujours à l’œuvre, et moi aussi, je suis à l’œuvre. »

 

Jean 15, 7-16:

ἐὰν μείνητε ἐν ἐμοὶ καὶ τὰ ῥήματά μου ἐν ὑμῖν μείνῃ, ὃ ἐὰν θέλητε [e]αἰτήσασθε καὶ γενήσεται ὑμῖν· 8 ἐν τούτῳ ἐδοξάσθη ὁ πατήρ μου ἵνα καρπὸν πολὺν φέρητε καὶ [f]γένησθε ἐμοὶ μαθηταί. 9 καθὼς ἠγάπησέν με ὁ πατήρ, κἀγὼ [g]ὑμᾶς ἠγάπησα, μείνατε ἐν τῇ ἀγάπῃ τῇ ἐμῇ. 10 ἐὰν τὰς ἐντολάς μου τηρήσητε, μενεῖτε ἐν τῇ ἀγάπῃ μου, καθὼς ἐγὼ [h]τὰς ἐντολὰς τοῦ πατρός μου τετήρηκα καὶ μένω αὐτοῦ ἐν τῇ ἀγάπῃ. 11 ταῦτα λελάληκα ὑμῖν ἵνα ἡ χαρὰ ἡ ἐμὴ ἐν ὑμῖν [i]ᾖ καὶ ἡ χαρὰ ὑμῶν πληρωθῇ.

12 Αὕτη ἐστὶν ἡ ἐντολὴ ἡ ἐμὴ ἵνα ἀγαπᾶτε ἀλλήλους καθὼς ἠγάπησα ὑμᾶς· 13 μείζονα ταύτης ἀγάπην οὐδεὶς ἔχει, ἵνα τις τὴν ψυχὴν αὐτοῦ θῇ ὑπὲρ τῶν φίλων αὐτοῦ. 14 ὑμεῖς φίλοι μού ἐστε ἐὰν ποιῆτε [j]ἃ ἐγὼ ἐντέλλομαι ὑμῖν. 15 οὐκέτι [k]λέγω ὑμᾶς δούλους, ὅτι ὁ δοῦλος οὐκ οἶδεν τί ποιεῖ αὐτοῦ ὁ κύριος· ὑμᾶς δὲ εἴρηκα φίλους, ὅτι πάντα ἃ ἤκουσα παρὰ τοῦ πατρός μου ἐγνώρισα ὑμῖν. 16 οὐχ ὑμεῖς με ἐξελέξασθε, ἀλλ’ ἐγὼ ἐξελεξάμην ὑμᾶς, καὶ ἔθηκα ὑμᾶς ἵνα ὑμεῖς ὑπάγητε καὶ καρπὸν φέρητε καὶ ὁ καρπὸς ὑμῶν μένῃ, ἵνα ὅ τι ἂν αἰτήσητε τὸν πατέρα ἐν τῷ ὀνόματί μου δῷ ὑμῖν. 17 ταῦτα ἐντέλλομαι ὑμῖν ἵνα ἀγαπᾶτε ἀλλήλους.

Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voulez, et cela se réalisera pour vous.

Ce qui fait la gloire de mon Père, c’est que vous portiez beaucoup de fruit et que vous soyez pour moi des disciples.

Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour.

Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi, j’ai gardé les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour.

Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite.

Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés.

Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime.

Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande.

Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître.

Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis, afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure. Alors, tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera.

Ajouter: celui qui veut gagner sa vie la perd

Matthieu 10, 9-10:

Μὴ κτήσησθε χρυσὸν μηδὲ ἄργυρον μηδὲ χαλκὸν εἰς τὰς ζώνας ὑμῶν, μὴ πήραν εἰς ὁδὸν μηδὲ δύο χιτῶνας μηδὲ ὑποδήματα μηδὲ ῥάβδον· ἄξιος γὰρ ὁ ἐργάτης τῆς τροφῆς αὐτοῦ.
« Ne vous procurez ni or ni argent, ni monnaie de cuivre à mettre dans vos ceintures, ni sac pour la route, ni tunique de rechange, ni sandales, ni bâton. L’ouvrier, en effet, mérite sa nourriture. »

 

Marc 10, 17-27

17 Καὶ ἐκπορευομένου αὐτοῦ εἰς ὁδὸν προσδραμὼν εἷς καὶ γονυπετήσας αὐτὸν ἐπηρώτα αὐτόν· Διδάσκαλε ἀγαθέ, τί ποιήσω ἵνα ζωὴν αἰώνιον κληρονομήσω; 18 ὁ δὲ Ἰησοῦς εἶπεν αὐτῷ· Τί με λέγεις ἀγαθόν; οὐδεὶς ἀγαθὸς εἰ μὴ εἷς ὁ θεός. 19 τὰς ἐντολὰς οἶδας· Μὴ [q]φονεύσῃς, Μὴ μοιχεύσῃς, Μὴ κλέψῃς, Μὴ ψευδομαρτυρήσῃς, Μὴ ἀποστερήσῃς, Τίμα τὸν πατέρα σου καὶ τὴν μητέρα. 20 ὁ δὲ [r]ἔφη αὐτῷ· Διδάσκαλε, ταῦτα πάντα ἐφυλαξάμην ἐκ νεότητός μου. 21 ὁ δὲ Ἰησοῦς ἐμβλέψας αὐτῷ ἠγάπησεν αὐτὸν καὶ εἶπεν αὐτῷ· Ἕν [s]σε ὑστερεῖ· ὕπαγε ὅσα ἔχεις πώλησον καὶ δὸς [t]τοῖς πτωχοῖς, καὶ ἕξεις θησαυρὸν ἐν οὐρανῷ, καὶ δεῦρο ἀκολούθει [u]μοι. 22 ὁ δὲ στυγνάσας ἐπὶ τῷ λόγῳ ἀπῆλθεν λυπούμενος, ἦν γὰρ ἔχων κτήματα πολλά.

23 Καὶ περιβλεψάμενος ὁ Ἰησοῦς λέγει τοῖς μαθηταῖς αὐτοῦ· Πῶς δυσκόλως οἱ τὰ χρήματα ἔχοντες εἰς τὴν βασιλείαν τοῦ θεοῦ εἰσελεύσονται. 24 οἱ δὲ μαθηταὶ ἐθαμβοῦντο ἐπὶ τοῖς λόγοις αὐτοῦ. ὁ δὲ Ἰησοῦς πάλιν ἀποκριθεὶς λέγει αὐτοῖς· Τέκνα, πῶς δύσκολόν [v]ἐστιν εἰς τὴν βασιλείαν τοῦ θεοῦ εἰσελθεῖν· 25 εὐκοπώτερόν ἐστιν κάμηλον διὰ [w]τῆς τρυμαλιᾶς τῆς ῥαφίδος [x]διελθεῖν ἢ πλούσιον εἰς τὴν βασιλείαν τοῦ θεοῦ εἰσελθεῖν. 26 οἱ δὲ περισσῶς ἐξεπλήσσοντο λέγοντες πρὸς [y]ἑαυτούς· Καὶ τίς δύναται σωθῆναι; 27 [z]ἐμβλέψας αὐτοῖς ὁ Ἰησοῦς λέγει· Παρὰ ἀνθρώποις ἀδύνατον ἀλλ’ οὐ παρὰ θεῷ, πάντα γὰρ [aa]δυνατὰ παρὰ τῷ θεῷ.

17Comme Jésus se mettait en chemin, un homme accourut, et se jetant à genoux devant lui: Bon maître, lui demanda-t-il, que dois-je faire pour hériter la vie éternelle? 18Jésus lui dit: Pourquoi m’appelles-tu bon? Il n’y a de bon que Dieu seul. 19Tu connais les commandements: Tu ne commettras point d’adultère; tu ne tueras point; tu ne déroberas point; tu ne diras point de faux témoignage; tu ne feras tort à personne; honore ton père et ta mère. 20Il lui répondit: Maître, j’ai observé toutes ces choses dès ma jeunesse. 21Jésus, l’ayant regardé, l’aima, et lui dit: Il te manque une chose; va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens, et suis-moi. 22Mais, affligé de cette parole, cet homme s’en alla tout triste; car il avait de grands biens.

23Jésus, regardant autour de lui, dit à ses disciples: Qu’il sera difficile à ceux qui ont des richesses d’entrer dans le royaume de Dieu! 24Les disciples furent étonnés de ce que Jésus parlait ainsi. Et, reprenant, il leur dit: Mes enfants, qu’il est difficile à ceux qui se confient dans les richesses d’entrer dans le royaume de Dieu! 25Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu. 26Les disciples furent encore plus étonnés, et ils se dirent les uns aux autres; Et qui peut être sauvé? 27Jésus les regarda, et dit: Cela est impossible aux hommes, mais non à Dieu: car tout est possible à Dieu.

Luc 19, 11-27

11 Comme on l’écoutait, Jésus ajouta une parabole : il était près de Jérusalem et ses auditeurs pensaient que le royaume de Dieu allait se manifester à l’instant même.

12 Voici donc ce qu’il dit : « Un homme de la noblesse partit dans un pays lointain pour se faire donner la royauté et revenir ensuite.

13 Il appela dix de ses serviteurs, et remit à chacun une somme de la valeur d’une mine ; puis il leur dit : “Pendant mon voyage, faites de bonnes affaires.”

14 Mais ses concitoyens le détestaient, et ils envoyèrent derrière lui une délégation chargée de dire : “Nous ne voulons pas que cet homme règne sur nous.”

15 Quand il fut de retour après avoir reçu la royauté, il fit convoquer les serviteurs auxquels il avait remis l’argent, afin de savoir ce que leurs affaires avaient rapporté.

16 Le premier se présenta et dit : “Seigneur, la somme que tu m’avais remise a été multipliée par dix.”

17 Le roi lui déclara : “Très bien, bon serviteur ! Puisque tu as été fidèle en si peu de chose, reçois l’autorité sur dix villes.”

18 Le second vint dire : “La somme que tu m’avais remise, Seigneur, a été multipliée par cinq.”

19 À celui-là encore, le roi dit : “Toi, de même, sois à la tête de cinq villes.”

20 Le dernier vint dire : “Seigneur, voici la somme que tu m’avais remise ; je l’ai gardée enveloppée dans un linge.

21 En effet, j’avais peur de toi, car tu es un homme exigeant, tu retires ce que tu n’as pas mis en dépôt, tu moissonnes ce que tu n’as pas semé.”

22 Le roi lui déclara : “Je vais te juger sur tes paroles, serviteur mauvais : tu savais que je suis un homme exigeant, que je retire ce que je n’ai pas mis en dépôt, que je moissonne ce que je n’ai pas semé ;

23 alors pourquoi n’as-tu pas mis mon argent à la banque ? À mon arrivée, je l’aurais repris avec les intérêts.”

24 Et le roi dit à ceux qui étaient là : “Retirez-lui cette somme et donnez-la à celui qui a dix fois plus.”

25 On lui dit : “Seigneur, il a dix fois plus !

26 – Je vous le déclare : on donnera à celui qui a ; mais celui qui n’a rien se verra enlever même ce qu’il a.

27 Quant à mes ennemis, ceux qui n’ont pas voulu que je règne sur eux, amenez-les ici et égorgez-les devant moi.” »

 

Matthieu 24, 42-51

42 Veillez donc, car vous ne savez pas quel jour votre Seigneur vient.

43 Comprenez-le bien : si le maître de maison avait su à quelle heure de la nuit le voleur viendrait, il aurait veillé et n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison.

44 Tenez-vous donc prêts, vous aussi : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra.

45 Que dire du serviteur fidèle et sensé à qui le maître a confié la charge des gens de sa maison, pour leur donner la nourriture en temps voulu ?

46 Heureux ce serviteur que son maître, en arrivant, trouvera en train d’agir ainsi !

47 Amen, je vous le déclare : il l’établira sur tous ses biens.

48 Mais si ce mauvais serviteur se dit en lui-même : “Mon maître tarde”,

49 et s’il se met à frapper ses compagnons, s’il mange et boit avec les ivrognes,

50 alors quand le maître viendra, le jour où son serviteur ne s’y attend pas et à l’heure qu’il ne connaît pas,

51 il l’écartera et lui fera partager le sort des hypocrites ; là, il y aura des pleurs et des grincements de dents.

 

Luc 17, 7-10

07 « Lequel d’entre vous, quand son serviteur aura labouré ou gardé les bêtes, lui dira à son retour des champs : “Viens vite prendre place à table” ?

08 Ne lui dira-t-il pas plutôt : “Prépare-moi à dîner, mets-toi en tenue pour me servir, le temps que je mange et boive. Ensuite tu mangeras et boiras à ton tour”?

09 Va-t-il être reconnaissant envers ce serviteur d’avoir exécuté ses ordres ?

10 De même vous aussi, quand vous aurez exécuté tout ce qui vous a été ordonné, dites : “Nous sommes de simples serviteurs : nous n’avons fait que notre devoir.” »

Marc 8, 34-35 (Mt 10, 39; Luc 17, 33; Jean 12, 25)

34 Appelant la foule avec ses disciples, il leur dit : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive.

35 Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie à cause de moi et de l’Évangile la sauvera.

Luc 15, 11-32

11 Jésus dit encore : « Un homme avait deux fils.

12 Le plus jeune dit à son père : “Père, donne-moi la part de fortune qui me revient.” Et le père leur partagea ses biens.

13 Peu de jours après, le plus jeune rassembla tout ce qu’il avait, et partit pour un pays lointain où il dilapida sa fortune en menant une vie de désordre.

14 Il avait tout dépensé, quand une grande famine survint dans ce pays, et il commença à se trouver dans le besoin.

15 Il alla s’engager auprès d’un habitant de ce pays, qui l’envoya dans ses champs garder les porcs.

16 Il aurait bien voulu se remplir le ventre avec les gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui donnait rien.

17 Alors il rentra en lui-même et se dit : “Combien d’ouvriers de mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim !

18 Je me lèverai, j’irai vers mon père, et je lui dirai : Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi.

19 Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils. Traite-moi comme l’un de tes ouvriers.”

20 Il se leva et s’en alla vers son père. Comme il était encore loin, son père l’aperçut et fut saisi de compassion ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers.

21 Le fils lui dit : “Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi. Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils.”

22 Mais le père dit à ses serviteurs : “Vite, apportez le plus beau vêtement pour l’habiller, mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds,

23 allez chercher le veau gras, tuez-le, mangeons et festoyons,

24 car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé.” Et ils commencèrent à festoyer.

25 Or le fils aîné était aux champs. Quand il revint et fut près de la maison, il entendit la musique et les danses.

26 Appelant un des serviteurs, il s’informa de ce qui se passait.

27 Celui-ci répondit : “Ton frère est arrivé, et ton père a tué le veau gras, parce qu’il a retrouvé ton frère en bonne santé.”

28 Alors le fils aîné se mit en colère, et il refusait d’entrer. Son père sortit le supplier.

29 Mais il répliqua à son père : “Il y a tant d’années que je suis à ton service sans avoir jamais transgressé tes ordres, et jamais tu ne m’as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis.

30 Mais, quand ton fils que voilà est revenu après avoir dévoré ton bien avec des prostituées, tu as fait tuer pour lui le veau gras !”

31 Le père répondit : “Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi.

32 Il fallait festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé !” »

 

Luc 14, 12-14

12 Jésus disait aussi à celui qui l’avait invité : « Quand tu donnes un déjeuner ou un dîner, n’invite pas tes amis, ni tes frères, ni tes parents, ni de riches voisins ; sinon, eux aussi te rendraient l’invitation et ce serait pour toi un don en retour.

13 Au contraire, quand tu donnes une réception, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles ;

14 heureux seras-tu, parce qu’ils n’ont rien à te donner en retour : cela te sera rendu à la résurrection des justes. »

 

Isaïe 55, 1

Vous tous qui avez soif, venez aux eaux, Même celui qui n’a pas d’argent! Venez, achetez et mangez, Venez, achetez du vin et du lait, sans argent, sans rien payer!

 

Jean 7, 37-39

37 Au jour solennel où se terminait la fête, Jésus, debout, s’écria : « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive,

38 celui qui croit en moi ! Comme dit l’Écriture : De son cœur couleront des fleuves d’eau vive. »

39 En disant cela, il parlait de l’Esprit Saint qu’allaient recevoir ceux qui croiraient en lui. En effet, il ne pouvait y avoir l’Esprit, puisque Jésus n’avait pas encore été glorifié.

 

Jean 4, 9-14 Jésus et la Samaritaine

09 La Samaritaine lui dit : « Comment ! Toi, un Juif, tu me demandes à boire, à moi, une Samaritaine ? » – En effet, les Juifs ne fréquentent pas les Samaritains.

10 Jésus lui répondit : « Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : “Donne-moi à boire”, c’est toi qui lui aurais demandé, et il t’aurait donné de l’eau vive. »

11 Elle lui dit : « Seigneur, tu n’as rien pour puiser, et le puits est profond. D’où as-tu donc cette eau vive ?

12 Serais-tu plus grand que notre père Jacob qui nous a donné ce puits, et qui en a bu lui-même, avec ses fils et ses bêtes ? »

13 Jésus lui répondit : « Quiconque boit de cette eau aura de nouveau soif ;

14 mais celui qui boira de l’eau que moi je lui donnerai n’aura plus jamais soif ; et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle. »

 

Romains 3, 19-31:

19Οἴδαμεν δὲ ὅτι ὅσα ὁ νόμος λέγει, τοῖς ἐν τῷ νόμῳ λαλεῖ, ἵνα πᾶν στόμα φραγῇ, καὶ ὑπόδικος γένηται πᾶς ὁ κόσμος τῷ θεῷ·

20διότι ἐξ ἔργων νόμου οὐ δικαιωθήσεται πᾶσα σὰρξ ἐνώπιον αὐτοῦ· διὰ γὰρ νόμου ἐπίγνωσις ἁμαρτίας.

21Νυνὶ δὲ χωρὶς νόμου δικαιοσύνη θεοῦ πεφανέρωται, μαρτυρουμένη ὑπὸ τοῦ νόμου καὶ τῶν προφητῶν·

22δικαιοσύνη δὲ θεοῦ διὰ πίστεως Ἰησοῦ χριστοῦ εἰς πάντας καὶ ἐπὶ πάντας τοὺς πιστεύοντας· οὐ γάρ ἐστιν διαστολή·

23πάντες γὰρ ἥμαρτον καὶ ὑστεροῦνται τῆς δόξης τοῦ θεοῦ,

24δικαιούμενοι δωρεὰν τῇ αὐτοῦ χάριτι διὰ τῆς ἀπολυτρώσεως τῆς ἐν χριστῷ Ἰησοῦ·

25ὃν προέθετο ὁ θεὸς ἱλαστήριον, διὰ τῆς πίστεως, ἐν τῷ αὐτοῦ αἵματι, εἰς ἔνδειξιν τῆς δικαιοσύνης αὐτοῦ, διὰ τὴν πάρεσιν τῶν προγεγονότων ἁμαρτημάτων,

26ἐν τῇ ἀνοχῇ τοῦ θεοῦ· πρὸς ἔνδειξιν τῆς δικαιοσύνης αὐτοῦ ἐν τῷ νῦν καιρῷ, εἰς τὸ εἴναι αὐτὸν δίκαιον καὶ δικαιοῦντα τὸν ἐκ πίστεως Ἰησοῦ.

27Ποῦ οὖν ἡ καύχησις; Ἐξεκλείσθη. Διὰ ποίου νόμου; Tῶν ἔργων; Οὐχί, ἀλλὰ διὰ νόμου πίστεως.

28Λογιζόμεθα οὖν πίστει δικαιοῦσθαι ἄνθρωπον, χωρὶς ἔργων νόμου.

29Ἢ Ἰουδαίων ὁ θεὸς μόνον; Οὐχὶ δὲ καὶ ἐθνῶν; Ναὶ καὶ ἐθνῶν·

30ἐπείπερ εἷς ὁ θεός, ὃς δικαιώσει περιτομὴν ἐκ πίστεως, καὶ ἀκροβυστίαν διὰ τῆς πίστεως.

31Νόμον οὖν καταργοῦμεν διὰ τῆς πίστεως; Μὴ γένοιτο· ἀλλὰ νόμον ἱστῶμεν.

Or nous le savons : tout ce que dit la Loi, elle le déclare pour ceux qui sont sujets de la Loi, afin que toute bouche soit fermée, et que le monde entier soit soumis au jugement de Dieu.

20 Ainsi, par la pratique de la Loi, personne ne deviendra juste devant Dieu. En effet, la Loi fait seulement connaître le péché.

21 Mais aujourd’hui, indépendamment de la Loi, Dieu a manifesté en quoi consiste sa justice : la Loi et les prophètes en sont témoins.

22 Et cette justice de Dieu, donnée par la foi en Jésus Christ, elle est offerte à tous ceux qui croient. En effet, il n’y a pas de différence :

23 tous les hommes ont péché, ils sont privés de la gloire de Dieu,

24 et lui, gratuitement, les fait devenir justes par sa grâce, en vertu de la rédemption accomplie dans le Christ Jésus.

25 Car le projet de Dieu était que le Christ soit instrument de pardon, en son sang, par le moyen de la foi. C’est ainsi que Dieu voulait manifester sa justice, lui qui, dans sa longanimité, avait fermé les yeux sur les péchés commis autrefois.

26 Il voulait manifester, au temps présent, en quoi consiste sa justice, montrer qu’il est juste et rend juste celui qui a foi en Jésus.

27 Alors, y a-t-il de quoi s’enorgueillir ? Absolument pas. Par quelle loi ? Par celle des œuvres que l’on pratique ? Pas du tout. Mais par la loi de la foi.

28 En effet, nous estimons que l’homme devient juste par la foi, indépendamment de la pratique de la loi de Moïse.

29 Ou bien, Dieu serait-il seulement le Dieu des Juifs ? N’est-il pas aussi le Dieu des nations ? Bien sûr, il est aussi le Dieu des nations,

30 puisqu’il n’y a qu’un seul Dieu : il rendra justes en vertu de la foi ceux qui ont reçu la circoncision, et aussi, au moyen de la foi, ceux qui ne l’ont pas reçue.

31 Sommes-nous en train d’abolir la Loi au moyen de la foi ? Pas du tout ! Au contraire, nous confirmons la Loi.

Lettre de saint Paul apôtre aux Romain 4, 1-8:

Τί οὖν ἐροῦμεν εὑρηκέναι Ἀβραὰμ τὸν προπάτορα ἡμῶν κατὰ σάρκα;
Que dirons-nous alors d’Abraham, notre ancêtre selon la chair ? Qu’a-t-il obtenu ?

εἰ γὰρ Ἀβραὰμ ἐξ ἔργων ἐδικαιώθη, ἔχει καύχημα· ἀλλ’ οὐ πρὸς Θεόν,
Si Abraham était jugé par la pratique des œuvres, il aurait pu en tirer fierté, mais pas devant Dieu.

τί γὰρ ἡ γραφὴ λέγει; Ἐπίστευσεν δὲ Ἀβραὰμ τῷ Θεῷ, καὶ ἐλογίσθη αὐτῷ εἰς δικαιοσύνην.
Or, que dit l’Écriture ? Abraham eut foi en Dieu, et cela fut compté pour l’acquittement.

Les mot justice (δικαιοσύνην) correspond ici à l’acte de déclarer juste dans un procès, c’est-à-dire d’acquitter le coupable de ses transgressions. Le verbe (λογίζομαι) signifie compter, tenir le compte ou tenir compte de, considérer. Dieu est celui qui ne tient pas compte des fautes lors d’un procès, qui fait grâce, qui acquitte, c’est-à-dire laisse aller les fautes, les relâche. Le verbe utilisé au verset 7 ἀφέθησαν comme dans un procès est ἀφίημι c’est-à-dire laisser aller. 

τῷ δὲ ἐργαζομένῳ ὁ μισθὸς οὐ λογίζεται κατὰ χάριν ἀλλὰ κατὰ ὀφείλημα·
À celui qui travaille, le salaire ne lui est pas accordé par grâce, mais comme un dû.

χάριν c’est la grâce, ce qui est donné, offert, gracieusement, c’est-à-dire gratuitement. Le mot gratis vient de grâce.

τῷ δὲ μὴ ἐργαζομένῳ, πιστεύοντι δὲ ἐπὶ τὸν δικαιοῦντα τὸν ἀσεβῆ, λογίζεται ἡ πίστις αὐτοῦ εἰς δικαιοσύνην,
Au contraire, à celui qui ne travaille pas, mais qui a foi en celui qui absout l’impie, sa foi est comptée pour l’acquittement.

καθάπερ καὶ Δαυὶδ λέγει τὸν μακαρισμὸν τοῦ ἀνθρώπου ᾧ ὁ Θεὸς λογίζεται δικαιοσύνην χωρὶς ἔργων·
tout comme aussi David dit le bonheur de l’homme au sujet duquel Dieu proclame un acquittement sans les oeuvres:

Μακάριοι ὧν ἀφέθησαν αἱ ἀνομίαι καὶ ὧν ἐπεκαλύφθησαν αἱ ἁμαρτίαι·
Heureux ceux dont les transgressions à la loi ont été relâchées et les erreurs ont été recouvertes.

Ce qu’on traduit habituellement par péché est le mot ἁμαρτία qui signifie erreur, manque. Ici, saint Paul dit que Dieu recouvre les erreurs, les cache pour dire qu’il ne les mets pas en lumière devant l’homme qui en serait écrasé.

μακάριος ἀνὴρ οὗ οὐ μὴ λογίσηται Κύριος ἁμαρτίαν.
Heureux l’homme dont le Seigneur ne comptera pas l’erreur.

 

Romains 5, 1-21:

01 Nous qui sommes donc devenus justes par la foi, nous voici en paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus Christ,

02 lui qui nous a donné, par la foi, l’accès à cette grâce dans laquelle nous sommes établis ; et nous mettons notre fierté dans l’espérance d’avoir part à la gloire de Dieu.

03 Bien plus, nous mettons notre fierté dans la détresse elle-même, puisque la détresse, nous le savons, produit la persévérance ;

04 la persévérance produit la vertu éprouvée ; la vertu éprouvée produit l’espérance ;

05 et l’espérance ne déçoit pas, puisque l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné.

06 Alors que nous n’étions encore capables de rien, le Christ, au temps fixé par Dieu, est mort pour les impies que nous étions.

07 Accepter de mourir pour un homme juste, c’est déjà difficile ; peut-être quelqu’un s’exposerait-il à mourir pour un homme de bien.

08 Or, la preuve que Dieu nous aime, c’est que le Christ est mort pour nous, alors que nous étions encore pécheurs.

09 À plus forte raison, maintenant que le sang du Christ nous a fait devenir des justes, serons-nous sauvés par lui de la colère de Dieu.

10 En effet, si nous avons été réconciliés avec Dieu par la mort de son Fils alors que nous étions ses ennemis, à plus forte raison, maintenant que nous sommes réconciliés, serons-nous sauvés en ayant part à sa vie.

11 Bien plus, nous mettons notre fierté en Dieu, par notre Seigneur Jésus Christ, par qui, maintenant, nous avons reçu la réconciliation.

12 Nous savons que par un seul homme, le péché est entré dans le monde, et que par le péché est venue la mort ; et ainsi, la mort est passée en tous les hommes, étant donné que tous ont péché.

13 Avant la loi de Moïse, le péché était déjà dans le monde, mais le péché ne peut être imputé à personne tant qu’il n’y a pas de loi.

14 Pourtant, depuis Adam jusqu’à Moïse, la mort a établi son règne, même sur ceux qui n’avaient pas péché par une transgression semblable à celle d’Adam. Or, Adam préfigure celui qui devait venir.

15 Mais il n’en va pas du don gratuit comme de la faute. En effet, si la mort a frappé la multitude par la faute d’un seul, combien plus la grâce de Dieu s’est-elle répandue en abondance sur la multitude, cette grâce qui est donnée en un seul homme, Jésus Christ.

16 Le don de Dieu et les conséquences du péché d’un seul n’ont pas la même mesure non plus : d’une part, en effet, pour la faute d’un seul, le jugement a conduit à la condamnation ; d’autre part, pour une multitude de fautes, le don gratuit de Dieu conduit à la justification.

17 Si, en effet, à cause d’un seul homme, par la faute d’un seul, la mort a établi son règne, combien plus, à cause de Jésus Christ et de lui seul, régneront-ils dans la vie, ceux qui reçoivent en abondance le don de la grâce qui les rend justes.

18 Bref, de même que la faute commise par un seul a conduit tous les hommes à la condamnation, de même l’accomplissement de la justice par un seul a conduit tous les hommes à la justification qui donne la vie.

19 En effet, de même que par la désobéissance d’un seul être humain la multitude a été rendue pécheresse, de même par l’obéissance d’un seul la multitude sera-t-elle rendue juste.

20 Quant à la loi de Moïse, elle est intervenue pour que se multiplie la faute ; mais là où le péché s’est multiplié, la grâce a surabondé.

21 Ainsi donc, de même que le péché a établi son règne de mort, de même la grâce doit établir son règne en rendant juste pour la vie éternelle par Jésus Christ notre Seigneur.

 

Romains 6, 16-23

16 Ne le savez-vous pas ? Celui à qui vous vous présentez comme esclaves pour lui obéir, c’est de celui-là, à qui vous obéissez, que vous êtes esclaves : soit du péché, qui mène à la mort, soit de l’obéissance à Dieu, qui mène à la justice.

17 Mais rendons grâce à Dieu : vous qui étiez esclaves du péché, vous avez maintenant obéi de tout votre cœur au modèle présenté par l’enseignement qui vous a été transmis.

18 Libérés du péché, vous êtes devenus esclaves de la justice.

19 J’emploie un langage humain, adapté à votre faiblesse. Vous aviez mis les membres de votre corps au service de l’impureté et du désordre, ce qui mène au désordre ; de la même manière, mettez-les à présent au service de la justice, ce qui mène à la sainteté.

20 Quand vous étiez esclaves du péché, vous étiez libres par rapport aux exigences de la justice.

21 Qu’avez-vous récolté alors, à commettre des actes dont vous avez honte maintenant ? En effet, ces actes-là aboutissent à la mort.

22 Mais maintenant que vous avez été libérés du péché et que vous êtes devenus les esclaves de Dieu, vous récoltez ce qui mène à la sainteté, et cela aboutit à la vie éternelle.

23 Car le salaire du péché, c’est la mort ; mais le don gratuit de Dieu, c’est la vie éternelle dans le Christ Jésus notre Seigneur.

 

Romains 8,14-16 L’Esprit Saint lui-même atteste que nous sommes enfants de Dieu

14 En effet, tous ceux qui se laissent conduire par l’Esprit de Dieu, ceux-là sont fils de Dieu.

15 Vous n’avez pas reçu un esprit qui fait de vous des esclaves et vous ramène à la peur ; mais vous avez reçu un Esprit qui fait de vous des fils ; et c’est en lui que nous crions « Abba ! », c’est-à-dire : Père !

16 C’est donc l’Esprit Saint lui-même qui atteste à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu.

 

Hébreux 4, 1-11 Entrer dans repos de Dieu

01 Craignons donc, tant que demeure la promesse d’entrer dans le repos de Dieu, craignons que l’un d’entre vous n’arrive, en quelque sorte, trop tard.

02 Certes, nous avons reçu une Bonne Nouvelle, comme ces gens-là ; cependant, la parole entendue ne leur servit à rien, parce qu’elle ne fut pas accueillie avec foi par ses auditeurs.

03 Mais nous qui sommes venus à la foi, nous entrons dans le repos dont il est dit : Dans ma colère, j’en ai fait le serment : On verra bien s’ils entreront dans mon repos ! Le travail de Dieu, assurément, était accompli depuis la fondation du monde,

04 comme l’Écriture le dit à propos du septième jour : Et Dieu se reposa le septième jour de tout son travail.

05 Et dans le psaume, de nouveau : On verra bien s’ils entreront dans mon repos !

06 Puisque certains doivent encore y entrer, et que les premiers à avoir reçu une Bonne Nouvelle n’y sont pas entrés à cause de leur refus de croire,

07 il fixe de nouveau un jour, un aujourd’hui, en disant bien longtemps après, dans le psaume de David déjà cité : Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas votre cœur.

08 Car si Josué leur avait donné le repos, David ne parlerait pas après cela d’un autre jour.

09 Ainsi, un repos sabbatique doit encore advenir pour le peuple de Dieu.

10 Car Celui qui est entré dans son repos s’est reposé lui aussi de son travail, comme Dieu s’est reposé du sien.

11 Empressons-nous donc d’entrer dans ce repos-là, afin que plus personne ne tombe en suivant l’exemple de ceux qui ont refusé de croire.