Le Royaume des cieux

Le Royaume des cieux, les membres d’un même corps

Ainsi Jésus envoie les apôtres annoncer au monde que le royaume des cieux est tout proche de nous, il est au milieu de nous. (Citation XXCC) La vie du royaume est celle qui nous est apportée par Jésus, il nous en ouvre l’accès. Pour entrer dans la vie éternelle dès maintenant il suffit d’être comme un enfant. Regardons la confiance que le tout petit nourrit à l’égard de ses parents, cela est un modèle de la confiance que nous pouvons mettre en Dieu en vivant cette relation d’amour avec celui qui nous a donné la vie dans la pleine gratuité. Est-ce qu’un enfant doit payer les parents pour la nourriture et l’amour qu’il reçoit ? N’est-ce pas la joie de ses parents de le combler et de le voir heureux ? Et l’amour reconnaissant que l’enfant porte à ses parents est-il le résultat d’une obligation qu’on lui impose ou le fruit spontané de celui qui a connu cette source d’amour gratuit et en est donc re-connaissant? L’enfant, le tout petit, est aussi un modèle de la relation au prochain, il attend du Père l’exhortation à se tourner vers autrui et lorsqu’il est introduit dans cette relation confiante, il ne fait pas de distinction entre le pauvre et le riche, le jeune ou le vieux, l’étranger ou celui qui parle la même langue.

Entrer dans la relation filiale, c’est donc tout recevoir, tout accueillir de Dieu, dans la confiance: même les épreuves et les difficultés qui feront grandir et mûrir l’enfant. Voici, donc que l’erreur, la faute plus grave de l’homme est lorsqu’il se trompe sur son propre bien. Rappelons-nous cet épisode où deux soeurs accueillent Jésus dans leur maison (Luc 10, 38-42). Marthe se donne beaucoup de peine, elle prépare la table, elle cuisine, elle se soucie d’être digne d’accueillir Jésus et elle invective contre sa soeur qui ne l’aide pas. Sa soeur Marie, elle s’assoit simplement aux pieds de Jésus et elle se laisse combler par lui, par ses paroles, par son regard, sa miséricorde, sa bienveillance. Elle est entrée dans la relation filiale, celle du tout-petit qui se laisse combler par les milles attentions de ses parents, dans la gratitude. Jésus s’adresse ainsi aux deux soeurs: « Marthe, Marthe, tu te donnes du souci et tu t’agites pour bien des choses.Une seule est nécessaire. Marie a choisi la meilleure part, elle ne lui sera pas enlevée. » Marie, la meilleur part est plus grande que tout ce que nous pouvons espérer de mieux. C’est la communion avec le Christ, le fils de Dieu, qui nous donne accès à la relation filiale avec Dieu, sa relation éternelle dans laquelle, le fils contemple le visage du Père. Et nous connaissons le père à travers le fils, son fils unique qui nous conduit au Père, en nous laissant entrer dans le mystère de la Trinité, en partageant avec nous la relation filiale, en nous donnant ainsi accès au Père. Il nous invite à appeler Dieu notre Père, par son amour, par sa vie, livrée pour nous, il a rendu cela possible, il nous a tellement unis à lui, que nous avons été remplis de son amour filial. Dans cette communion profonde avec le Fils, Marie a perçu l’étendue de l’amour du fils unique pour nous, elle a anticipé les apôtres lorsqu’elle a compris à l’avance que Jésus allait se livrer pour nous, allait nous offrir sa vie. C’est alors qu’elle a versé du parfum sur lui, le parfum précieux qu’elle avait gardé pour embaumer sa dépouille, elle a peut-être compris d’avance que la mort n’aurait pas pu le retenir captif, elle a devancé sa résurrection: elle a versé le parfum sur la tête du Christ qui lui rendait visite. Les apôtres n’ont pas compris ce geste, l’ont critiquée en disant qu’elle avait gaspillé un parfum précieux qu’on aurait pu revendre et donner cet argent aux pauvres. Mais Jésus lui rend hommage (Marc 14, 6-9): «Laissez-la ! Pourquoi la tourmenter ? Il est beau, le geste qu’elle a fait envers moi. Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous, et, quand vous le voulez, vous pouvez leur faire du bien ; mais moi, vous ne m’aurez pas toujours. Ce qu’elle pouvait faire, elle l’a fait. D’avance elle a parfumé mon corps pour mon ensevelissement. Amen, je vous le dis : partout où l’Évangile sera proclamé – dans le monde entier –, on racontera, en souvenir d’elle, ce qu’elle vient de faire.»

Certains Pères de l’Eglise pensent qu’il s’agit de la même Marie, Marie Madeleine la pécheresse, qui avait auparavant versé des larmes sur les pieds du Christ, les avait essuyés avec ses cheveux et avait aussi versé du parfum sur ses pieds, poussant ainsi le service à l’extrême, elle a tout donné d’elle-même, elle est allée plus loin que le rôle du serviteur, elle a rendu hommage à sa mort et à sa résurrection: le Christ l’ayant ainsi introduite dans les profondeurs du plan et de l’amour du père, dont elle a vu l’étendue dans le pardon offert par Jésus ou mieux dans le don de Dieu, éternellement renouvelé, offert aux hommes encore et encore, septante fois sept fois, par-donnant c’est-à-dire répétant son don, le renouvelant pour chacun de nous. Septante fois sept fois (XXCC), c’est-à-dire renouvelant à l’infini son invitation à entrer dans le repos de Dieu, celui du septième jour, celui de la vie éternelle qui est offerte à l’homme dès maintenant lorsqu’il accueille le don de Dieu, le don de la vie, lorsqu’il s’abreuve à la source de vie éternelle, en goûtant à la gratuité de la relation filiale.

Et Jésus nous rappelle: « Voulez-vous entrer dans la vie éternelle? soyez comme un petit enfant » (XXCC)

2 Rétroliens / Pings

  1. La relation filiale – Bible
  2. Le Sabbat, le repos de Dieu – Bible

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